Publié le 2026-02-14 07:40:00. La fraude au compteur kilométrique continue de gangréner le marché italien de l’occasion, exposant les acheteurs à des risques financiers importants et minant leur confiance. Une étude récente révèle les modèles les plus fréquemment concernés par cette pratique illégale.
- Près de 5,7 % des Renault Mégane contrôlées présentent des anomalies au compteur, avec une réduction moyenne de plus de 40 000 kilomètres.
- L’absence de partage d’informations entre les États européens facilite l’importation de véhicules dont le kilométrage a été falsifié.
- Certains modèles, comme la Mercedes-Benz Classe E, subissent des réductions de kilométrage particulièrement importantes, dépassant les 116 000 kilomètres en moyenne.
Le marché italien de l’automobile d’occasion est confronté à un problème persistant de transparence, avec une recrudescence des fraudes au compteur kilométrique. Cette pratique, qui consiste à diminuer artificiellement le nombre de kilomètres affichés par un véhicule, vise à en augmenter la valeur de revente et induit les acheteurs en erreur. Les conséquences pour les consommateurs sont multiples : dépenses imprévues liées à des pannes, coûts de maintenance plus élevés et perte de valeur à la revente.
L’Italie est particulièrement vulnérable à ce type d’escroquerie en raison du manque d’un système centralisé permettant de vérifier l’historique des véhicules. L’absence d’échange systématique de données entre les autorités des différents pays européens facilite l’importation de voitures dont le kilométrage a été manipulé. De nombreux véhicules sont importés depuis d’autres pays européens, et c’est souvent durant ce transport que la falsification est effectuée.
Une récente enquête menée par carVertical, une société spécialisée dans l’analyse de données automobiles, a mis en évidence l’ampleur du phénomène en 2025. L’étude révèle que certains modèles sont plus souvent concernés que d’autres. La Peugeot 3008 arrive en troisième position avec 4,7% des cas.
En tête de liste se trouve la Renault Mégane, avec 5,7 % des véhicules contrôlés présentant des anomalies au compteur. En moyenne, plus de 40 000 kilomètres ont été soustraits à l’affichage de ces voitures. La BMW série 3 suit de près, avec 5,1 % des cas recensés, et une réduction moyenne de 85 677 kilomètres. La Mercedes-Benz Classe E enregistre les plus fortes baisses de kilométrage, avec une moyenne de 116 907 kilomètres supprimés. La BMW Série 5 affiche également des chiffres préoccupants, avec une réduction moyenne de 96 585 kilomètres, tout comme le Fiat Ducato, avec 96 568 kilomètres en moins.
Cependant, tous les modèles ne sont pas également touchés. L’étude révèle que l’Audi A4 est l’une des voitures les moins falsifiées, avec un taux de fraude de seulement 2,97 %. L’Opel Corsa et l’Alfa Romeo Giulietta présentent également des risques plus faibles, avec des taux de fraude de 2,98 % et 3 % respectivement.
« Ces informations restent souvent confinées dans les bases de données des institutions nationales et des entreprises privées, rendant la consultation complexe et laissant les automobilistes dans une position de vulnérabilité. »
Matas Buzelis, expert du secteur
Malgré ces quelques exceptions, il est essentiel pour tout acheteur potentiel de vérifier l’historique d’un véhicule avant de conclure une transaction. Une voiture dont le kilométrage a été falsifié est non seulement plus susceptible de tomber en panne, mais sa valeur diminuera considérablement lors d’une éventuelle revente.