Une nouvelle piste, potentiellement alarmante, émerge dans la compréhension de l’inquiétante hausse des cancers colorectaux, particulièrement chez les jeunes adultes. Une étude publiée dans la revue scientifique Intestine pointe du doigt certaines huiles de cuisson courantes, issues de graines, comme de possibles catalyseurs de ce phénomène.
Des chercheurs américains ont examiné des tumeurs provenant de plus de 80 patients, âgés de 30 à 85 ans. Leurs analyses révèlent une présence accrue de lipides bioactifs dans ces tissus cancéreux. Ces molécules, résultant du métabolisme d’huiles végétales comme celles de tournesol, de pépins de raisin, de canola et de maïs, semblent agir sur deux fronts : elles entretiennent un état inflammatoire chronique et freinent les mécanismes naturels de réparation de l’organisme. Cette double action crée un environnement propice au développement tumoral, potentiellement responsable de la progression rapide observée chez les personnes de moins de 50 ans.
Les conclusions de cette recherche résonnent avec d’autres travaux. Une étude antérieure, parue dans le JAMA, avait d’ailleurs déjà alerté sur le fait que le cancer colorectal pourrait devenir la première cause de décès par cancer chez les 20-49 ans dans les années à venir.
Le Dr Timothy Yeatman, directeur associé du centre de recherche translationnelle et d’innovation au TGH Cancer Institute, a souligné la gravité de la situation : « Le cancer agit comme une blessure chronique qui ne guérit pas. Si votre corps est constamment exposé à des aliments ultra transformés, riches en sucres ajoutés, graisses saturées et huiles de graines inflammatoires, votre capacité à guérir cette plaie est réduite. Cela favorise l’inflammation et supprime le système immunitaire, permettant ainsi au cancer de croître ».
Cependant, les scientifiques tiennent à apporter une nuance importante à leurs découvertes. La consommation modérée de ces huiles, dans le cadre d’une alimentation équilibrée, n’a pas démontré de lien direct avec le développement du cancer. En revanche, des alternatives plus riches en oméga-3, telles que l’huile d’olive ou l’huile d’avocat, semblent constituer des choix plus bénéfiques pour la santé à long terme.