Publié le 6 février 2026 à 07h52. L’administrateur du district de Ludwigslust-Parchim, Stefan Sternberg, est sous le feu des critiques pour avoir engagé plus de 2 600 euros de dépenses publiques pour un séjour de trois jours dans un hôtel de luxe à Hambourg, incluant un dîner coûteux et des frais d’hébergement élevés.
- Stefan Sternberg a facturé 2 598,39 euros pour son hébergement et celui d’un collaborateur à l’hôtel Tortue de Hambourg.
- Il a dépensé 255 euros pour un dîner au restaurant de sushi de l’hôtel, incluant des plats comme le « Flamed Roll Surf ».
- L’Association des contribuables critique ces dépenses somptuaires, estimant qu’elles ne sont pas justifiées.
Le voyage de Stefan Sternberg à Hambourg, fin septembre 2023, coïncidait avec un congrès de spécialistes municipaux organisé au CCH (Centre de congrès de Hambourg). L’Office communautaire municipal (KGSt), dont il est membre du conseil d’administration, y était invité. Sternberg est arrivé la veille de l’événement et a choisi de séjourner à l’hôtel Tortue, un établissement de luxe se décrivant comme un « cosmos de bien-être » et proposant 128 chambres et suites.
Selon la facture dont dispose NDR, l’administrateur du district occupait la chambre 125, tandis que son collaborateur logeait dans la chambre 128. Le montant total comprenait les frais d’hébergement et le petit-déjeuner. Le paiement a été effectué par carte de crédit au nom du « district Ludwigslust Parchim, l’administrateur du district ». Un reçu de 255 euros pour un dîner au restaurant japonais « Jin Gui » de l’hôtel, daté du 27 septembre 2023, figure également sur la facture. Sternberg y a consommé des plats tels que le « Flamed Roll Surf », le « Shasimi Tuna » et le « Spicy Tatar Roll », et le paiement n’a été réglé qu’après 23 heures.
« Une justification solide »
La gestion des frais de déplacement par l’administrateur du district soulève des questions. La loi allemande sur les frais de déplacement prévoit des plafonds pour les dépenses hôtelières, mais permet des dépassements justifiés. Martina Johannsen, présidente du Bureau national d’audit, a déclaré à NDR :
« La loi nationale sur les frais de voyage stipule qu’un séjour à l’hôtel de 400 euros n’est pas facilement couvert ; le voyageur d’affaires doit fournir une justification valable pour cela. »
Martina Johannsen, présidente du Bureau national d’audit
Elle a rappelé que des cas similaires avaient déjà été critiqués, notamment celui de Patrick Dahlemann, chef de la chancellerie d’État, pour une nuitée à 380 euros à Usedom.
Afin de respecter les principes budgétaires, des accords ont été conclus avec plusieurs chaînes hôtelières, comme Motel One et Arcor, offrant des tarifs préférentiels aux administrateurs de district du Mecklembourg-Poméranie occidentale. Une lettre d’information récente de l’association communale rappelait ces conditions avantageuses, avec des chambres simples avec petit-déjeuner proposées entre 95 et 139 euros à Hambourg.
Critiques du conseil de district
Des questions se posent également sur la nécessité pour Sternberg de passer la nuit à Hambourg, sa ville natale, Grabow, se trouvant à environ une heure et demie de route du lieu du congrès. Il dispose d’une voiture de fonction et d’un chauffeur. Philipp Lübbert, président du groupe parlementaire des Verts au conseil de district, a souligné cet aspect :
« Un administrateur de district doit donner le bon exemple en matière de finances et montrer comment des économies peuvent être réalisées. »
Philipp Lübbert, président du groupe parlementaire des Verts au conseil de district
Il a également fait remarquer que le trajet en train depuis Ludwigslust ne dure que 50 minutes et coûte beaucoup moins cher qu’une nuitée à 400 euros.
Sternberg justifie ses dépenses
Interrogé par NDR, Stefan Sternberg a justifié son choix de l’hôtel Tortue et les dépenses associées en invoquant ses obligations en tant que membre du conseil d’administration du KGSt. Il a affirmé que le congrès impliquait des événements en soirée et des discussions matinales, justifiant ainsi un hébergement sur place. Il a également précisé que le dîner au restaurant japonais faisait partie d’une réunion avec des investisseurs, qu’il avait refusé d’être invité et qu’il avait également eu d’autres rendez-vous officiels à Hambourg, notamment une réception à la mairie et des entretiens avec des investisseurs. Il a également évoqué une « obligation de réservation à court terme ».
Ambiance de fête sur le bateau-musée
Le KGSt a souligné que l’événement de septembre avait été annoncé à l’avance et qu’il était conseillé de réserver les hôtels rapidement. Le deuxième jour du congrès, les participants ont été invités à bord du MS Cap San Diego, le plus grand navire-musée en état de navigabilité du monde, dans le port de Hambourg, où une « ambiance de fête exubérante » régnait.
L’Association des contribuables dénonce un abus
L’Association des contribuables a vivement critiqué le voyage d’affaires et le séjour de Sternberg à l’hôtel Tortue. Son directeur général, Sascha Mummenhoff, a déclaré que cette affaire le laissait « sans voix » et que l’administrateur du district « ne se soucie manifestement pas beaucoup des principes d’économie et d’épargne ». Il a ajouté que Sternberg avait « perdu la mesure et le centre ». Sternberg a affirmé qu’il ne séjournerait plus à l’hôtel Tortue pour des raisons professionnelles après 2023.