La route vers le Final Four féminin de la NCAA prend son envol dès le lundi 3 novembre 2025, avec le coup d’envoi de la saison 2025-26 de basketball universitaire.
À un an des grands rendez-vous, les observateurs scrutent déjà les favoris et les potentiels nommés pour le titre de joueuse de l’année. Si UConn, championne en titre, semble toujours armée pour réitérer l’exploit, la scène est moins claire que jamais. L’ascension de Paige Bueckers vers la WNBA et la blessure au genou de JuJu Watkins, star de USC, qui met un terme prématuré à sa saison NCAA, laissent une place vacante pour les nouvelles étoiles.
UConn, la machine à gagner repart-elle ?
Les experts s’accordent à dire que UConn pourrait bien connaître une saison encore plus dominante que la précédente. Malgré le départ de Bueckers, l’arrivée de Serah Williams, transfuge de Wisconsin, renforce une équipe déjà solide. Sarah Strong est pressentie pour devenir la meilleure joueuse du pays, et une Azzi Fudd en pleine forme pourrait ajouter une deuxième All-American au collectif des Huskies. Leur taille, leur adresse et leur expérience des grands matchs font d’elles les grandes favorites pour un deuxième titre consécutif et le treizième de leur histoire.
« C’est étrange de dire qu’une équipe qui a perdu Bueckers pourrait être meilleure qu’il y a un an, mais cette équipe des Huskies pourrait être encore plus performante que la version 2024-25 qui n’a connu que trois défaites en route vers le titre national, » analyse Charlie Creme. « En ajoutant Serah Williams, le coach Geno Auriemma apporte une aide que Strong pourrait même ne pas nécessiter, mais qui sera sûrement la bienvenue. »
Michael Voepel anticipe un parcours sans accroc pour UConn dans la Big East, avec une première place préservée qui devrait faciliter l’accès au Final Four. Il souligne cependant que si les mêmes quatre équipes atteignent le carré final, l’expérience acquise par des équipes comme UCLA et Texas, qui semblaient dépassées par l’enjeu en avril dernier, pourrait rendre les matchs plus disputés.
Des conférences sous haute tension
La course à la conférence ACC s’annonce particulièrement animée et imprévisible. Les bouleversements estivaux ont rebattu les cartes, avec seulement huit des vingt-cinq joueuses sélectionnées dans le meilleur cinq de conférence reconduites. Duke, NC State et North Carolina figurent en tête du classement pré-saison, tandis que Miami pourrait créer la surprise. L’arrivée de nouveaux entraîneurs et la présence de nombreuses nouvelles recrues promettent une ligue des plus divertissantes.
Dans la SEC, la compétition sera féroce entre South Carolina, favorite des médias, et Texas, plébiscitée par les entraîneurs. La blessure de Chloe Kitts, MVP du tournoi SEC, est un coup dur pour les Gamecocks. Texas et LSU, deux prétendantes au titre de tête de série n°1, s’affronteront le jour de la Saint-Valentin dans un match qui pourrait sceller l’issue du championnat. La présence d’Oklahoma, Tennessee et Ole Miss ajoute encore à la densité de cette conférence.
La Big 12, quant à elle, cherche à confirmer sa présence au plus haut niveau. L’intégration d’anciennes équipes de la Pac-12 et le départ d’Oklahoma et Texas ont modifié le paysage. Malgré la performance de TCU en quart de finale du tournoi NCAA la saison passée, la ligue peine à placer une équipe dans le Final Four. « Il faut qu’on se soutienne mutuellement et qu’on parle de la ligue, » affirme Bill Fennelly, entraîneur d’Iowa State. « Nous avons beaucoup de très bonnes équipes, mais il faut qu’on ramène quelqu’un au Final Four. »
En Big Ten, UCLA se positionne comme le leader incontesté, mais la lutte pour les places d’honneur s’annonce serrée entre Maryland et Michigan. USC, amputée de JuJu Watkins, devra compter sur la jeune Jazzy Davidson et Kennedy Smith pour surprendre les attentes.
Les équipes qui pourraient créer la surprise
Parmi les équipes susceptibles de réaliser un bond spectaculaire, les Hurricanes de Miami se distinguent. Après une saison difficile sous la nouvelle ère Tricia Cullop, un recrutement de qualité pourrait les propulser de nouveau vers le tournoi NCAA.
Les Huskies de Washington pourraient également marquer les esprits. Après une participation au First Four l’an dernier, elles sont attendues dans le top 25 et pourraient viser une tête de série dans le Top 4.
Les Jayhawks de Kansas, fortes de leur cinq majeur reconduit et de recrues prometteuses, ont les moyens de faire leur retour dans le tournoi NCAA et d’aller plus loin que lors de leurs précédentes apparitions.
Du côté de Stanford, après une saison sans tournoi NCAA pour la première fois depuis 1987, l’arrivée d’une classe de recrues de premier plan, menée par Hailee Swain et Lara Somfai, laisse présager un retour remarqué.
Première tête de série à chuter ?
Les joueuses de Louisville pourraient être les premières têtes de série à quitter prématurément le tournoi NCAA. Après plusieurs saisons d’affilée au minimum en Elite Eight, les deux dernières participations se sont soldées par une sortie précoce. Bien que capables de rivaliser pour le titre de conférence ACC, elles pourraient manquer de profondeur pour un run majeur.
Pour USC, l’absence de JuJu Watkins, Kiki Iriafen et Rayah Marshall pèse lourd. L’incertitude plane sur la capacité de l’équipe à performer en début de saison, et donc à se positionner favorablement pour le tournoi.
Les outsiders prometteurs
Dans la catégorie des « mid-majors », les Bulldogs de Gonzaga, malgré le départ de Yvonne Ejim, restent une puissance de la West Coast Conference et pourraient à nouveau se faire une place dans les tournois de fin de saison.
Les Tigers de Princeton, avec le retour de Madison St. Rose après une longue blessure, sont une équipe à surveiller de près, surtout avec des rencontres à l’extérieur contre des programmes solides comme Georgia Tech, Villanova et Maryland.
Les Spiders de Richmond, deux fois finalistes du tournoi NCAA ces dernières années, possèdent le potentiel pour atteindre la Sweet Sixteen, avec des joueuses clés comme Maggie Doogan et Rachel Ullstrom, et des confrontations importantes contre Texas et TCU en pré-saison.
Les prétendantes au titre de Joueuse de l’Année
Parmi les noms qui pourraient succéder à Paige Bueckers, Sarah Strong d’UConn est largement favorite. Ta’Niya Latson, transfuge de Florida State à South Carolina, pourrait également se mêler à la course si elle parvient à s’intégrer rapidement dans un système déjà performant.
Mikayla Blakes, avec des performances déjà impressionnantes à Vanderbilt, pourrait surprendre si son équipe dépasse les attentes.
Madison Booker, déjà doublement élue meilleure joueuse de conférence (Big 12 puis SEC), est une autre prétendante sérieuse, grâce à sa polyvalence et son potentiel de progression.
Les entraîneurs sous pression
Cori Close, à la tête des Bruins d’UCLA, dispose d’une équipe expérimentée avec de fortes chances de remporter le titre national. Elle devra cependant anticiper le renouvellement de l’effectif après cette saison.
Niele Ivey, coach de Notre Dame, est sous pression pour faire passer son équipe au-delà du Sweet Sixteen, un palier qu’elle n’a pas encore franchi en tant que coach principale, malgré les succès passés sous Muffet McGraw.
Nicki Collen, à la tête de Baylor, devra cette saison encore montrer que son équipe expérimentée peut enfin atteindre la Sweet Sixteen, après plusieurs éliminations précoces.
Kim Caldwell, pour sa deuxième saison à Tennessee, fait face à des attentes élevées. La question est de savoir si son système atypique, combiné à de nouvelles recrues, permettra aux Lady Vols de retrouver le Final Four pour la première fois depuis 2008.
Prédictions des experts
Final Four :
- UConn, UCLA, South Carolina, LSU (Andrews, Philippou)
- UConn, UCLA, South Carolina, Duke (Creme)
- UConn, UCLA, Texas, South Carolina (Voepel)
Championne :
- UConn (Andrews, Creme, Philippou, Voepel)
Récompenses individuelles :
Joueuse de l’Année :
- Sarah Strong, UConn (Andrews, Creme, Philippou, Voepel)
Freshman de l’Année :
- Jazzy Davidson, USC (Andrews, Creme, Philippou)
- Aaliyah Chavez, Oklahoma (Voepel)
Transfert de l’Année :
- Ta’Niya Latson, South Carolina (Andrews, Philippou, Voepel)
- Olivia Miles, TCU (Creme)
Entraîneur de l’Année :
- Geno Auriemma, UConn (Andrews, Philippou, Voepel)
- Kara Lawson, Duke (Creme)
Équipes All-America :
- Sarah Strong (UConn), Lauren Betts (UCLA), Hannah Hidalgo (Notre Dame), Madison Booker (Texas), Flau’jae Johnson (LSU) (Andrews, Creme, Philippou)
- Sarah Strong (UConn), Lauren Betts (UCLA), Madison Booker (Texas), Hannah Hidalgo (Notre Dame), Ta’Niya Latson (South Carolina) (Voepel)