La Fédération Internationale de Gymnastique (FIG) est pointée du doigt suite au refus de l’Indonésie d’accorder des visas aux gymnastes israéliens, les excluant ainsi des championnats du monde qui se déroulent jusqu’au 25 octobre. L’instance mondiale de la gymnastique est accusée de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour garantir la participation de l’équipe israélienne.
L’Union Internationale de Gymnastique (IGF) avait saisi le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) pour obliger la FIG à « prendre les mesures nécessaires garantissant la participation israélienne aux championnats » ou à « reporter ou annuler » l’événement. Selon l’IGF, l’inaction de la FIG constitue un « déni de justice » et une « situation de discrimination envers une association membre ».
Dans sa défense, la FIG a argumenté qu’elle n’avait « aucune prérogative » dans la délivrance des visas d’entrée, et que la décision du gouvernement indonésien sortait « hors de sa compétence ». Cependant, l’IGF maintient sa position, soulignant que « les règles sont claires et que les actions de l’Indonésie constituent une violation flagrante de celles-ci ».
« Il est inconcevable qu’un pays puisse interdire à une autre nation de participer à un championnat du monde alors que les organes directeurs restent passifs. Cette décision sape les fondements mêmes du sport et de la compétition équitable, et elle porte un coup sévère au moral des gymnastes et du personnel qui ont travaillé sans relâche pour ce moment », a déploré l’IGF dans un communiqué.
Artem Dolgopyat, l’un des gymnastes les plus titrés, a exprimé sa déception sur Instagram : « Nous sommes tellement déçus pour les gymnastes, hommes et femmes, et les équipes professionnelles, mais pas seulement, nous sommes profondément préoccupés par les décisions récentes qui pourraient avoir un impact négatif sur l’avenir de toutes nos délégations et sur l’avenir du sport en général. Nous continuons le combat, espérant obtenir justice, mais malheureusement, nous ne pourrons plus participer à ces championnats du monde. »
Artem Dolgopyat, 28 ans, médaillé d’or olympique au sol à Tokyo 2020 et d’argent l’an dernier à Paris, ainsi que double champion d’Europe, faisait partie des six gymnastes – avec Eyal Indig, Ron Pyatov, Lihie Raz, Yali Shoshani et Roni Shamay – qui avaient déposé une requête auprès du TAS, en collaboration avec l’IGF.
Ce n’est pas la première fois que l’Indonésie se retrouve au cœur d’une controverse liée à la participation d’Israël. En 2023, le pays avait été déchu de son droit d’organiser la Coupe du Monde des moins de 20 ans de football après que le gouverneur de Bali eut refusé d’accueillir l’équipe israélienne. L’Indonésie, qui n’entretient pas de liens diplomatiques formels avec Israël, avait déjà été bannie des Jeux olympiques de 1964 pour avoir refusé des visas aux athlètes israéliens pour les Jeux asiatiques de 1962, un boycott qui fut par la suite confirmé par une absence volontaire de l’équipe indonésienne.