Home Santé Yeline a été agressée à plusieurs reprises par des amis : « Jamais en sécurité »

Yeline a été agressée à plusieurs reprises par des amis : « Jamais en sécurité »

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Publié le 2025-10-12 10:02:00. Une jeune femme témoigne des agressions qu’elle a subies et de la façon dont la société pousse les femmes à s’adapter pour leur propre sécurité. Face à ce constat, elle a créé une application et une plateforme communautaire pour sensibiliser et offrir un soutien.

  • Les femmes sont souvent amenées à adapter leur comportement pour se sentir en sécurité, un fardeau qu’elles ne devraient pas porter.
  • Un témoignage glaçant décrit une agression sexuelle perpétrée par un ami proche, suivie d’une réaction ambiguë de l’entourage.
  • L’application ASAP vise à fournir un soutien immédiat en cas de danger perçu, tandis que sa composante communautaire ambitionne un changement culturel profond.

« On nous apprend à nous adapter », constate une jeune femme qui a choisi de partager son expérience, marquée par des agressions sexuelles. Ce n’est pas la première fois qu’elle entend parler de « victim blaming », cette tendance à rejeter la faute sur la victime. Pourtant, elle souligne un paradoxe : « alors que ce sont les hommes qui devraient nous prendre en compte. La responsabilité est fausse. » Cette adaptation forcée passe par des gestes du quotidien qui, une fois analysés, révèlent une normalisation inquiétante de la précarité féminine : porter des chaussures plates pour pouvoir courir, superposer des vêtements pour se couvrir davantage, ou encore partager sa localisation en temps réel. Autant de stratégies mises en place par les femmes pour pallier un manque de considération et de sécurité dans l’espace public.

Une agression au cœur de l’amitié

Plusieurs années après un premier viol, la jeune femme raconte une autre épreuve. Invitée à dormir chez un ami proche, elle se retrouve victime de ses avances. « Sa main s’est lentement déplacée vers mon pantalon », décrit-elle, avant de faire semblant de se réveiller pour stopper l’agresseur présumé. Confronté, celui-ci invoque l’ivresse, une excuse que la victime rejette : « S’il avait été ivre, il n’aurait jamais réagi aussi vite. » La situation se complique lors de la révélation de l’incident à leur cercle d’amis. Si certains manifestent soutien et inquiétude, d’autres se montrent peu empathiques, voire réagissent maladroitement. Ce manque de compréhension et la trahison ressentie ont laissé des traces profondes : « Je ne me suis jamais senti aussi trahi – je pensais que nous étions vraiment amis. » La tristesse, la déception et la colère s’ajoutent à un sentiment persistant d’incompréhension et d’impuissance.

Un sentiment d’insécurité permanent

Malgré ces épreuves, la victime n’a jamais succombé à la culpabilité : « Même si je marche nue dans la rue : personne n’a le droit de me toucher. » Néanmoins, la confiance envers les hommes a été sérieusement ébranlée. Des années de thérapie n’ont pas suffi à dissiper la vigilance constante, la conscience que les limites peuvent être franchies à tout moment. C’est de ce sentiment d’insécurité, partagé par beaucoup, qu’est née l’idée d’une solution concrète.

ASAP : Une application pour la sécurité et la sensibilisation

Pour répondre à ce besoin criant de sécurité, elle a imaginé ASAP (As Soon As Possible), une plateforme en deux volets. Le premier est une application mobile conçue pour offrir un soutien immédiat. En cas de situation anxiogène – retour à pied tard le soir, rendez-vous potentiellement problématique, ou toute autre circonstance perçue comme dangereuse – l’utilisateur peut, d’une simple pression sur un bouton SOS, alerter un contact, partager sa localisation, ou demander un check-in. L’application ne prétend pas prévenir les agressions, mais vise à procurer un sentiment de sécurité dans la vie quotidienne, particulièrement dans les moments où la peur est latente mais sans danger immédiat justifiant une intervention des forces de l’ordre.

Vers un changement culturel grâce à la communauté ASAP

Le souhait ultime de la créatrice est que l’application ASAP devienne obsolète, un jour où toutes et tous se sentiraient en sécurité, quelles que soient les circonstances. Pour y parvenir, la plateforme intègre une dimension communautaire forte. L’objectif est de lancer des conversations, d’organiser des ateliers et de collaborer avec des institutions diverses (écoles, festivals, entreprises, municipalités) pour promouvoir une sensibilisation accrue et une éducation axée sur la prévention. « Nous ne faisons pas la vraie différence avec un simple bouton SOS, mais grâce à la sensibilisation et à l’éducation », insiste-t-elle. L’ambition est de susciter un véritable changement de culture sociétale, où le problème de la sécurité des femmes est reconnu, où la réflexion mène à une évolution des comportements et des mentalités. « Parce que nous sommes la dernière génération à vivre cela », déclare-t-elle, affirmant que la sécurité est un droit fondamental universel, indépendamment de l’identité de genre.

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