Publié le 18 février 2024 00:04:00. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a révélé que des émissaires américains, dont Jared Kushner, lui ont fait part de la volonté russe de négocier une fin au conflit, tout en exprimant son scepticisme face à ces affirmations et en refusant toute pression pour des concessions territoriales.
- Des négociateurs américains estiment que la Russie souhaite mettre fin à la guerre en Ukraine.
- Zelensky s’oppose fermement à toute concession territoriale, notamment concernant le Donbass, et insiste sur la nécessité d’un référendum pour tout accord de paix.
- Le président ukrainien réaffirme son souhait d’une rencontre directe avec Vladimir Poutine pour débloquer la situation.
Volodymyr Zelensky a confié que les négociateurs américains Steve Witkoff et Jared Kushner lui ont indiqué que Moscou était ouvert à des discussions pour mettre un terme à la guerre en Ukraine. Toutefois, le président ukrainien se montre prudent face à ces informations, exprimant un certain pessimisme quant à la sincérité des intentions russes.
Il a également fermement averti les États-Unis contre toute tentative de l’obliger à accepter un accord de paix qu’il considérerait comme une capitulation.
« Ils ne doivent pas essayer de me forcer à ‘vendre une vision de la paix’ que ma nation considérerait comme une histoire ratée. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Zelensky a également critiqué l’ancien président américain Donald Trump, estimant qu’il était injuste de demander à l’Ukraine, et non à la Russie, de faire des concessions. Il a souligné que céder du terrain à Vladimir Poutine ne constituerait pas une base solide pour une paix durable. Selon Zelensky, Trump a récemment déclaré à plusieurs reprises que l’Ukraine devait faire des concessions, ce qui suscite son inquiétude.
« J’espère que ce n’est que sa tactique et non une décision. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Le président ukrainien a réaffirmé que la meilleure voie vers une solution résidait dans une rencontre directe avec Vladimir Poutine. Il a précisé qu’il avait demandé à son équipe d’explorer la possibilité d’organiser une telle réunion à Genève.
Des propositions américaines, rapportées par Axios, suggèrent un retrait des forces ukrainiennes des zones du Donbass qu’elles contrôlent actuellement, en échange de la création d’une « zone économique libre ». Washington n’a pas pris position sur la question de la souveraineté sur ce territoire.
Zelensky s’est dit ouvert à la discussion concernant le retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, mais a posé une condition essentielle : un retrait simultané des forces russes à la même distance. Il a également réaffirmé que l’Ukraine ne reconnaîtrait aucune revendication russe de souveraineté sur le territoire. Il a souligné que 10 % du Donbass est actuellement sous contrôle ukrainien.
Les États-Unis et l’Ukraine se sont accordés sur le principe d’un référendum en Ukraine pour valider tout accord de paix. Zelensky a mis en garde contre un accord impliquant le sacrifice de la souveraineté et de la citoyenneté des habitants locaux, estimant qu’il serait massivement rejeté par la population.
« Émotionnellement, les gens ne pardonneront jamais ça. Jamais. Ils ne me pardonneront pas, ils ne me pardonneront pas (aux États-Unis). »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Il a également ajouté que les Ukrainiens « ne comprennent pas pourquoi » on leur demanderait de céder des territoires supplémentaires.
Bien que le président estime que les Ukrainiens pourraient accepter un accord qui gèle les lignes de front actuelles dans le Donbass, la Russie insiste pour reprendre le contrôle de l’ensemble de la région, par la force si nécessaire. Les parties semblent s’accorder sur la mise en place d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu utilisant des drones, sous l’égide des États-Unis. L’Ukraine souhaite également l’implication des pays européens dans ce processus, une proposition à laquelle la Russie s’oppose.
Les négociations trilatérales entre l’Ukraine, les États-Unis et la Russie, qui se sont tenues à Genève, ont achevé leur première journée ce mardi. Les groupes politiques et militaires reprendront leurs travaux mercredi, a annoncé Rustem Umerov, chef de la délégation ukrainienne.