La course à la mairie de New York bat son plein et l’un des candidats, Zohran Mamdani, a choqué en lançant une nouvelle publicité de campagne entièrement en arabe, à quelques jours du vote. Ce coup de poker médiatique intervient alors que le jeune démocrate, cible d’attaques virulentes, tente de rallier les électeurs et de se défendre des accusations d’islamophobie.
Dans ce spot diffusé sur les réseaux sociaux, Zohran Mamdani, candidat démocrate et musulman, apparaît dans une épicerie de quartier, le drapeau palestinien en arrière-plan. S’adressant aux électeurs dans un arabe teinté d’humour, il déclare : « Je sais ce que vous pensez : je ressemble peut-être à votre beau-frère de Damas, mais mon arabe a besoin d’être amélioré. » Il poursuit en demandant leur soutien pour le 4 novembre, date de l’élection. Cette initiative fait suite à une précédente publicité, déjà diffusée en espagnol, où le candidat promettait de rendre New York plus abordable.
À 34 ans, Zohran Mamdani, qui a remporté de manière surprenante les primaires, est un activiste pro-palestinien de longue date et un critique virulent d’Israël. Ses prises de position tranchées sur le conflit israélo-palestinien sont devenues un enjeu majeur dans cette campagne pour la mairie. Ces derniers mois, les attaques contre lui se sont intensifiées, certains démocrates y voyant une instrumentalisation de l’islamophobie par des figures politiques établies.
L’ancien gouverneur Andrew Cuomo, candidat indépendant, a été pointé du doigt pour sa participation à cette stratégie. En octobre, interrogé sur une radio conservatrice, il a semblé ironiser sur la possibilité que Mamdani puisse « encourager » une nouvelle attaque terroriste sur le sol américain. Peu de temps après, le maire sortant, Eric Adams, évoquait lors d’un événement la perspective d’attentats à New York, laissant entendre, sans plus de précision, qu’ils seraient plus probables sous une administration Mamdani. De son côté, le candidat républicain, Curtis Sliwa, n’a pas hésité à qualifier Mamdani de partisan du « jihad mondial » lors d’un débat.
Dans un discours marquant un durcissement des attaques, Zohran Mamdani a réagi à ces critiques, s’adressant spécifiquement à la communauté musulmane de New York. « Le rêve de tout musulman est simplement d’être traité de la même manière que n’importe quel autre New-Yorkais », a-t-il affirmé. « Et pourtant, depuis trop longtemps, on nous dit de demander moins que cela et de nous contenter du peu que nous recevons. » Il a conclu par un ferme « Pas plus ».
La diffusion de sa publicité en arabe a suscité de vives réactions en ligne. Laura Loomer, militante d’extrême droite connue pour ses positions anti-musulmanes, a notamment tweeté : « La prise de contrôle islamique de New York est là ». Ces attaques virulentes interviennent alors que la campagne électorale entre dans sa dernière ligne droite.
Andrew Cuomo, 67 ans, et Curtis Sliwa, 71 ans, le fondateur des Guardian Angels, présentent désormais leur programme pour les derniers jours de campagne. Tous deux tentent de dépeindre le socialiste démocrate Mamdani comme un risque pour la ville. Cuomo, se positionnant comme le seul choix viable face à Mamdani, exhorte les électeurs républicains à voter pour lui plutôt que pour Sliwa, déclarant : « Républicains, il y a deux choix, moi ou Mamdani. Ne gaspillez pas votre vote ».
Curtis Sliwa, quant à lui, a passé ces derniers jours dans les transports en commun et dans les rues de New York, promettant de rétablir la sécurité et de se concentrer sur les problèmes du quotidien.
À 34 ans, Zohran Mamdani, loin d’être découragé, s’appuie sur une dynamique populaire. Sa campagne a attiré des foules importantes lors de rassemblements aux côtés de figures politiques comme le sénateur Bernie Sanders et la représentante Alexandria Ocasio-Cortez. Alors que le vote anticipé touche à sa fin ce dimanche, il multiplie les rencontres, des influenceurs des réseaux sociaux aux chauffeurs de taxi, tout en appelant ses partisans à rester mobilisés. « Les gens disent ‘On a compris. C’est fini. Cuomo est cuit’ », confie-t-il dans l’une de ses vidéos virales, « Ne le croyez pas ».