Publié le 11 février 2026. Le gouvernement sud-coréen assouplit les réglementations sur les droits de mutation immobilière pour les propriétaires détenant plusieurs biens, tout en introduisant des mesures incitatives pour encourager la mise sur le marché de ces logements et tenter de stabiliser un secteur immobilier en proie à des difficultés persistantes.
- Fin de la suspension des droits de mutation lourds pour les propriétaires multiples.
- Report possible de l’obligation de résidence effective jusqu’à deux ans pour les primo-accédants.
- Proposition d’un mécanisme d' »investissement de transition » pour les non-propriétaires.
Séoul s’apprête à modifier sa politique immobilière en assouplissant les règles concernant les droits de mutation pour les propriétaires détenant plusieurs biens. Cette décision, annoncée le 9 mai, s’accompagne d’une stratégie visant à encourager la vente de ces logements et à dynamiser un marché immobilier qui peine à se redresser. Le gouvernement espère ainsi répondre à la pénurie de logements et à la flambée des prix qui ont caractérisé les dernières années.
Cette volte-face intervient après l’échec des politiques restrictives mises en œuvre par l’administration précédente de Moon Jae-in. À l’époque, l’augmentation des impôts fonciers et l’imposition de droits de mutation élevés avaient pour objectif de dissuader les propriétaires multiples de conserver leurs biens, mais ont eu l’effet inverse. Beaucoup ont préféré conserver leurs propriétés, notamment dans les quartiers huppés de Gangnam à Séoul, plutôt que de les vendre et de payer des impôts considérables. Comme l’a reconnu l’ancien président Moon Jae-in, cette approche s’est avérée inefficace : « Nous avons échoué en matière de politique immobilière. »
Parallèlement à l’assouplissement des droits de mutation, le gouvernement envisage de réduire les avantages fiscaux accordés aux logements locatifs enregistrés. Le président Lee Jae-myung a souligné l’importance de cette mesure, notant que les 42 500 appartements à Séoul relevant de ce régime représentent un volume significatif. L’objectif est de démanteler progressivement les dispositifs qui permettent aux propriétaires multiples de conserver leurs biens sans les mettre en vente.
L’introduction en 2020 de trois lois visant à protéger les locataires – le droit de renouvellement du bail, le plafonnement des loyers et la déclaration mensuelle des loyers – a également contribué à la complexité du marché. Ces mesures, bien qu’ayant pour but de protéger les locataires, ont paradoxalement entraîné une hausse des loyers à court terme et une nouvelle augmentation des prix de l’immobilier.
Le gouvernement estime qu’une augmentation de l’offre de logements mis en vente par les propriétaires multiples contribuera à stabiliser le marché à court terme. Cependant, il reconnaît également que la réglementation seule ne suffit pas. Il est essentiel de créer un environnement favorable à la vente, en encourageant les investissements et en rassurant les acheteurs potentiels. La politique immobilière, selon les autorités, ne peut être menée avec un simple « fouet », mais nécessite une approche plus nuancée et équilibrée.