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10 choses à surveiller dans le budget 2026

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Publié le 4 octobre 2025, 08:00. À trois jours du dévoilement du Budget 2026 par le ministre des Finances, Paschal Donohoe, et le ministre des Dépenses publiques, Jack Chambers, les spéculations vont bon train sur les mesures qui façonneront les finances du pays. David Murphy, rédacteur économie et affaires publiques pour RTÉ, décrypte dix points cruciaux à surveiller lors des annonces au Dáil.

  • Le gouvernement s’apprête à dévoiler le Budget 2026, avec des annonces attendues sur les impôts, le logement, l’hospitalité et le pouvoir d’achat.
  • Une hausse de l’impôt sur le revenu est probable pour de nombreux salariés, tandis que le secteur de l’hôtellerie pourrait bénéficier d’une baisse de la TVA.
  • Des mesures importantes sont attendues pour le logement, le crédit d’impôt à loyer, le salaire minimum et le soutien aux aidants.

Alors que la date fatidique approche, le ministre des Finances Paschal Donohoe et le ministre des Dépenses publiques, Jack Chambers, s’apprêtent à présenter le Budget 2026. David Murphy, analyste économique pour RTÉ, met en lumière dix aspects clés qui devraient marquer cette annonce budgétaire.

1. Impôt sur le revenu : une hausse discrète mais significative

Contrairement aux années précédentes, où les tranches d’imposition étaient souvent indexées pour compenser l’inflation et les augmentations de salaire, le gouvernement a choisi de geler cette indexation pour 2026. Le ministre Paschal Donohoe a annoncé que le passage au taux marginal de 40 % resterait inchangé à 44 000 €. Cette décision, motivée par un coût estimé à 1,3 milliard d’euros pour le budget, signifiera que de nombreux travailleurs, même avec des augmentations de salaire modestes, se retrouveront dans une tranche d’imposition supérieure, augmentant ainsi leur facture fiscale. L’année dernière, cette tranche avait été rehaussée de 2 000 €.

2. TVA réduite pour l’hôtellerie : un coup de pouce controversé

Pour compenser en partie l’augmentation de la charge fiscale sur les salaires, le gouvernement devrait annoncer une baisse de la TVA dans le secteur de l’hôtellerie, passant de 13,5 % à 9 %. Cette mesure, qui bénéficierait aux cafés, restaurants, traiteurs et services de restauration rapide, pourrait entrer en vigueur en juillet 2026, représentant un manque à gagner de 342 millions d’euros pour les finances publiques. Cependant, la réduction deviendrait permanente. Une préoccupation majeure réside dans le fait que cette mesure profiterait également aux multinationales, rendant difficile une limitation aux entreprises locales. Le secteur de l’hôtellerie a fait pression pour cette baisse, menaçant de fermetures en cas de refus.

3. Taxe sur l’énergie : un retour à la normale attendu

Après une série de mesures ponctuelles pour alléger le fardeau des factures énergétiques, le gouvernement semble déterminé à ne pas reconduire ces aides. La TVA sur le gaz et l’électricité, actuellement à 9 %, devrait donc réintégrer son taux normal de 13,5 % dès le mois d’octobre 2025. Le budget pourrait confirmer ce retour aux taux standards.

4. Logement : une priorité affirmée

Le gouvernement maintient que le logement est sa priorité numéro un. Face à un effondrement de 24 % de la construction d’appartements l’année dernière, des incitations sont attendues. Une mesure probable est la réduction de la TVA sur la vente d’appartements, passant de 13,5 % à 9 %. Le Taoiseach Micheál Martin a déjà évoqué des « mesures de soutien en matière de logement » et la nécessité de « combler l’écart de viabilité » pour les appartements. Le Tánaiste Simon Harris a également promis des mesures pour lutter contre la vacance et la sous-occupation.

5. Crédit d’impôt à loyer : une revalorisation progressive

Les locataires bénéficient actuellement d’un crédit d’impôt annuel de 1 000 € pour un individu, ou 2 000 € pour un couple imposé conjointement. Ce crédit avait été augmenté l’année dernière, et le gouvernement s’est engagé à le revaloriser progressivement.

6. Salaire minimum : une hausse attendue pour les bas revenus

Face à l’inflation des prix alimentaires (5 %), de nombreux travailleurs, en particulier ceux aux revenus modestes, peinent à boucler leurs fins de mois. La Commission de rémunération à faible revenu, composée de représentants syndicaux et patronaux, a recommandé une augmentation du salaire minimum horaire. Il est fortement probable que le gouvernement suive cette recommandation, qui pourrait porter le salaire minimum à 14,15 € de l’heure, une mesure bénéficiant à environ 200 000 personnes, majoritairement des femmes, des jeunes et des personnes handicapées.

7. Cotisations sociales : ajustements nécessaires

Une hausse du salaire minimum entraînera logiquement des ajustements dans les cotisations sociales. L’Offre Sociale Universelle (USC) devra probablement être modifiée pour éviter que les travailleurs moins bien payés ne basculent dans une tranche d’imposition USC plus élevée. De même, les cotisations PRSI (Pay Related Social Insurance) des employeurs devront être ajustées pour les salariés au nouveau salaire minimum.

8. Prestations sociales : un rattrapage face à l’inflation

L’année dernière, les principales prestations sociales hebdomadaires pour les actifs et les retraités avaient été augmentées de 12 €. Si les prestations doivent suivre l’inflation, une revalorisation plus substantielle est attendue pour 2026.

9. Allocation pour aidants : vers une suppression du test de ressources ?

Le handicap a été un sujet majeur lors des dernières élections. Le programme gouvernemental prévoit la « suppression » du test de ressources pour l’allocation des aidants. Si les partis d’opposition poussent à une suppression totale, le Taoiseach a réaffirmé la politique actuelle. Une augmentation des seuils de revenus exonérés, ou du montant des revenus ignorés lors du calcul de l’éligibilité, pourrait être envisagée.

10. L’endettement public : un débat sur la dépense

Le budget 2026 prévoit une augmentation globale des dépenses de 9,4 milliards d’euros, dont 5,9 milliards pour les dépenses courantes (salaires) et 2 milliards pour les dépenses d’investissement. Il reste ainsi 1,5 milliard d’euros pour des réductions d’impôts. Cependant, les baisses de TVA annoncées dans l’hôtellerie, les ventes d’appartements et l’énergie grèveront ce chiffre. Cette situation mettra une pression considérable sur les ministres concernant l’allocation des autres allègements fiscaux. La question de savoir si le gouvernement dépense trop est soulevée par certains économistes. La Banque centrale, le Conseil consultatif fiscal irlandais et l’Institut de recherche économique et sociale ont tous émis des avertissements quant à l’ampleur de l’augmentation des dépenses, jugée excessive.

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