Publié le 16 février 2024 à 08h30. D’ici 2100, onze villes côtières à travers le monde pourraient être submergées par la montée des eaux, menaçant des millions d’habitants. Ce phénomène, exacerbé par l’affaissement des terres et le réchauffement climatique, est déjà visible et pourrait avoir des conséquences dramatiques.
- Onze villes côtières sont particulièrement vulnérables à la montée du niveau de la mer d’ici 2100.
- L’affaissement des terres, dû notamment au pompage excessif des eaux souterraines, aggrave la situation dans de nombreuses régions.
- Des millions de personnes pourraient être déplacées ou confrontées à des conditions de vie extrêmement difficiles.
La menace est bien réelle : des rues transformées en rivières, des marchés inondés, des habitations menacées… Partout dans le monde, des villes de basse altitude sont confrontées à une combinaison dangereuse de montée des eaux et d’affaissement des terres. Selon un rapport du Forum économique mondial, ce phénomène pourrait entraîner la submersion de certaines zones urbaines d’ici la fin du siècle.
Jakarta, en Indonésie, est l’une des villes les plus touchées. Elle s’enfonce d’environ 15 cm (six pouces) par an, un rythme alarmant dû au pompage excessif des eaux souterraines qui déstabilise le sol. Les rues sont régulièrement inondées lors des marées hautes, obligeant les habitants à patauger dans l’eau au quotidien. Face à cette situation critique, le gouvernement envisage de déplacer la capitale vers Bornéo dans les prochaines années, mais des millions de personnes restent à Jakarta et sont donc en danger.
Lagos, au Nigéria, est également confrontée à une érosion côtière importante et à des inondations de plus en plus fréquentes en raison du changement climatique. Même une élévation modérée du niveau de la mer pourrait perturber la vie quotidienne, les activités économiques et les transports dans cette mégalopole africaine. Les autorités locales tentent de s’adapter, mais le problème persiste.
Aux États-Unis, Houston, au Texas, s’enfonce d’environ 5 cm (deux pouces) par an à cause du pompage des eaux souterraines. Les inondations, déjà fréquentes, sont exacerbées par les tempêtes. L’ouragan Harvey en 2017 a causé des dégâts considérables, endommageant des dizaines de milliers de maisons et déplaçant environ 30 000 personnes. Les habitants témoignent d’inondations imprévisibles et extrêmes.
Le Bangladesh est particulièrement vulnérable. Dhaka, sa capitale, est menacée par la montée des eaux, même si le pays est peu émetteur de gaz à effet de serre. Les experts estiment que 17 % du Bangladesh pourraient être inondés d’ici 2050, forçant des millions de personnes à se déplacer. L’eau s’infiltre déjà dans les rues, les marchés et les habitations lors des fortes pluies.
Venise, en Italie, s’enfonce lentement, d’environ 2 mm (0,08 pouce) par an. La barrière anti-inondation Mose, censée protéger la ville, est souvent peu fiable en raison de retards et de tempêtes. En 2018, la ville a connu les pires inondations depuis dix ans, avec de l’eau envahissant la place Saint-Marc et les commerces.
Virginia Beach, aux États-Unis, est confrontée à l’une des hausses du niveau de la mer les plus rapides de la côte Est. L’eau s’infiltre de plus en plus souvent sur les routes et menace les habitations proches du littoral. Les prévisions indiquent une élévation du niveau de la mer pouvant atteindre 3,6 mètres (12 pieds) d’ici 2100.
Bangkok, en Thaïlande, s’enfonce d’environ 1 cm par an. Les inondations sont fréquentes pendant la saison des pluies. La ville a construit le parc du centenaire de l’université de Chulalongkorn, capable de contenir 3,8 millions de litres d’eau (un million de gallons), mais il s’agit d’une solution temporaire.
La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, s’enfonce également, certaines zones se trouvant déjà à plus de 4,5 mètres (15 pieds) sous le niveau de la mer. L’ouragan Katrina a mis en évidence la vulnérabilité de la ville. Les experts préviennent que la montée des eaux rendra les inondations plus fréquentes et plus dangereuses.
Rotterdam, aux Pays-Bas, est située à 90 % sous le niveau de la mer. La ville s’appuie sur des barrières anti-tempête et des « parcs aquatiques » pour gérer les inondations. Cependant, la montée des eaux exerce une pression croissante sur les défenses de la ville.
Alexandrie, en Égypte, voit ses plages disparaître lentement sous l’effet de la montée des eaux méditerranéennes. Certaines zones résidentielles sont menacées d’inondation. Les experts estiment que le niveau de la mer pourrait augmenter jusqu’à 60 cm (deux pieds) d’ici 2100.
Miami, en Floride, est confrontée à l’une des hausses du niveau de la mer les plus rapides au monde. Les rues sont fréquemment inondées et l’eau salée contamine les puits et endommage les infrastructures. Les experts estiment qu’il existe peu de scénarios permettant à Miami de rester inchangée d’ici 2100.