Publié le 17 février 2026 19:36:00. Les régimes drastiques, souvent pris d’assaut après les fêtes, sont rarement la clé d’une perte de poids durable. Des experts britanniques pointent du doigt les erreurs courantes qui sabotent les efforts de ceux qui cherchent à retrouver la ligne.
- Restreindre excessivement l’apport calorique peut ralentir le métabolisme et augmenter la faim.
- Un apport insuffisant en protéines et en fibres compromet la sensation de satiété et peut entraîner des fringales.
- Le sommeil et la santé intestinale jouent un rôle crucial dans la régulation de l’appétit et du métabolisme.
Anna Groom, diététicienne et porte-parole de la British Dietetic Association, met en garde contre les régimes trop restrictifs, particulièrement populaires après les excès de Noël. Selon elle, une perte de poids pérenne nécessite une approche globale prenant en compte l’état d’esprit, le niveau d’activité physique et le mode de vie dans son ensemble.
L’une des erreurs les plus fréquentes, selon le Dr Abby Hyams, médecin-chef de Medicspot, est de réduire drastiquement son apport calorique. Alors que l’homme moyen a besoin d’environ 2 500 calories (soit environ 8 368 kilojoules) par jour et la femme moyenne de 2 000 calories (environ 6 276 kilojoules) pour maintenir son poids – ces chiffres variant en fonction de la taille et du poids – une restriction trop importante peut se révéler contre-productive.
« Il est plus durable de consommer seulement 300 à 500 calories en dessous de ses besoins quotidiens. Une restriction excessive peut ralentir le métabolisme et augmenter l’appétit. »
Dr Abby Hyams, médecin-chef de Medicspot
L’importance des protéines est également soulignée. Elles augmentent la sensation de satiété et contribuent au maintien de la masse musculaire. Pourtant, beaucoup de personnes ont tendance à en négliger l’apport lorsqu’elles réduisent leurs calories. Le Dr Hyams recommande de viser 20 à 30 grammes de protéines par repas, soulignant qu’un repas faible en calories mais pauvre en protéines peut engendrer une faim intense tout au long de la journée.
De même, les fibres jouent un rôle essentiel dans la satiété. La scientifique intestinale Dr Emily Leeming conseille de privilégier les céréales complètes plutôt que le pain blanc, les pâtes et le riz raffinés. Un régime riche en fibres offre non seulement des bénéfices pour la santé digestive, mais contribue également à stabiliser la glycémie, à réduire le cholestérol et à diminuer le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, d’accident vasculaire cérébral et de certains cancers.
Les petites collations, souvent sous-estimées, peuvent également saboter les efforts de perte de poids. Un biscuit dégusté en préparant le thé ou quelques bouchées prises sur le bord de l’assiette s’accumulent rapidement. Selon l’Enquête nationale sur l’alimentation et la nutrition, les individus sous-estiment leur apport quotidien d’environ 30 pour cent, d’où l’importance de suivre sa consommation alimentaire.
Il convient également de faire attention aux « calories liquides » contenues dans les sodas, les jus de fruits et les cafés au lait. Les experts recommandent de choisir des portions plus petites et d’opter pour des boissons non sucrées.
L’activité physique est également cruciale. Une méta-analyse publiée dans Obesity Reviews a démontré que la combinaison d’un entraînement en résistance et d’un régime alimentaire contrôlé en calories est la stratégie la plus efficace pour perdre de la graisse. Le Dr Hyams insiste sur le rôle essentiel du développement musculaire dans la gestion du poids à long terme.
Enfin, les régimes stricts suivis pendant la semaine, suivis d’excès le week-end, peuvent compromettre les progrès réalisés. Les experts conseillent d’intégrer les repas plus riches en calories de manière planifiée dans les objectifs quotidiens. Manger à des heures régulières est également important : une étude parue dans Jama Internal Medicine a révélé que manger entre 7h00 et 15h00 permettait de perdre 50 % de poids en plus qu’en mangeant sur une période plus longue.
D’autres facteurs, souvent négligés, peuvent influencer la perte de poids. La taille des portions a tendance à être surestimée, en particulier pour les céréales, les pâtes et le riz. Il est recommandé de mesurer les quantités au début pour pouvoir ensuite les évaluer visuellement. Un manque de sommeil, inférieur à six heures par nuit, peut augmenter l’appétit en perturbant les hormones de la faim. De plus, la santé intestinale joue un rôle important : un déséquilibre du microbiome intestinal peut entraîner des ballonnements, des troubles digestifs et favoriser la prise de poids. Il est donc conseillé de privilégier une alimentation riche en fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes et aliments fermentés.
Enfin, Sandra Roycroft-Davis, fondatrice de Slimpod et auteure de The Weight’s Over – Take Back Control, souligne que la plupart de nos comportements alimentaires sont dictés par notre subconscient. Selon elle, la volonté est limitée et il est essentiel de reconnaître les habitudes et les déclencheurs pour opérer un changement durable.