Mis à jour le 12 février 2026 à 18h57. Un acte de solidarité inédit se mobilise pour soutenir un homme de l’Uttarakhand, harcelé après avoir pris la défense d’un commerçant musulman, et dont l’activité professionnelle est désormais menacée.
- Une confrérie d’avocats de la Cour suprême finance des abonnements à la salle de sport de Deepak Kumar pour soutenir ses moyens de subsistance.
- Deepak Kumar a été confronté à des menaces et à des protestations après avoir publiquement affirmé s’appeler « Mohammad Deepak » lors d’une altercation.
- Des mesures de sécurité ont été renforcées après que le leader d’un groupe hindou ait proféré des menaces à son encontre.
La salle de sport « Hulk Gym » de Kotdwar, tenue par Deepak Kumar, traverse une période difficile. Le nombre d’adhérents est passé de 150 à seulement 15, mettant en péril la capacité de Kumar à payer le loyer mensuel de 40 000 roupies (environ 470 €) et à rembourser le prêt contracté pour la construction de sa maison. Face à cette situation, une initiative exceptionnelle a vu le jour.
Selon le journal The Indian Express, une confrérie d’avocats, composée de 15 avocats principaux de la Cour suprême, s’est mobilisée pour apporter une aide financière à Deepak Kumar. Initialement, les avocats ont proposé de verser chacun 10 000 roupies (environ 117 €) à titre de cotisation annuelle. Cependant, Kumar a exprimé son refus d’accepter de l’argent directement.
Une solution alternative a alors été trouvée : financer des abonnements pour des aspirants sportifs locaux qui n’ont pas les moyens de s’inscrire à la salle de sport. Chaque carte de membre comportera le nom de la personne ayant financé l’adhésion. Deepak Kumar a accepté cette proposition et a commencé à délivrer les reçus correspondants.
L’initiative ne s’arrête pas là. Le groupe d’avocats a également promis d’offrir une assistance juridique gratuite à Kumar pour l’aider à faire face aux éventuelles répercussions juridiques de son acte de solidarité. « Plus de 20 avocats ont rejoint cette initiative, garantissant que Deepak dispose de la meilleure représentation pro bono possible pour contester les conséquences de sa prise de position du 26 janvier en faveur de l’harmonie communautaire », a déclaré un des avocats impliqués.
L’histoire remonte au 26 janvier, lorsque Deepak Kumar (38 ans) est intervenu pour défendre un commerçant musulman de 70 ans, atteint de la maladie de Parkinson, contre un groupe d’individus qui lui demandaient de supprimer le mot « Baba » du nom de sa boutique. Lors de cette confrontation, lorsqu’on lui a demandé son nom, il a répondu à la foule qu’il s’appelait « Mohammad Deepak ». Une vidéo de cet incident est rapidement devenue virale, propulsant Kumar sur le devant de la scène médiatique, mais attirant également une attention indésirable.
Le 31 janvier, des membres du Bajrang Dal se sont rassemblés devant la salle de sport de Kumar, mais ont été interpellés par la police. La ville de Kotdwar est depuis divisée entre ceux qui soutiennent Kumar et ceux qui désapprouvent son acte. « La moitié de la ville me soutient, mais les gens n’applaudissent pas quand vous faites de bonnes actions. L’honnêteté peut avoir un prix », avait déclaré Kumar à The Indian Express.
Outre le soutien des avocats, d’autres personnalités publiques ont également manifesté leur solidarité envers Kumar. L’actrice Swara Bhaskar et l’auteur Harsh Mander ont notamment suggéré d’acheter des abonnements à la salle de sport pour l’aider à maintenir son activité.
Cependant, la situation reste tendue. Pinky Chaudhary, un leader hindou du Raksha Dal, a publié plusieurs vidéos dans lesquelles il profère des menaces à l’encontre de Kumar. Il a appelé ses partisans à se rassembler devant la salle de sport jeudi et a menacé de « faire taire » Kumar.
La police de Pauri Garhwal a réagi en renforçant les mesures de sécurité et en intensifiant les contrôles aux barrières routières. Un communiqué de la police indique que l’identification et la vérification des individus suspects sont en cours, et que des poursuites judiciaires seront engagées contre quiconque tenterait de troubler la paix à Kotdwar.