Home Santé « 40 % de la population a un taux de cholestérol élevé », selon un expert

« 40 % de la population a un taux de cholestérol élevé », selon un expert

0 comments 74 views

Publié le 10 octobre 2025. Les nouvelles recommandations pour le suivi du cholestérol imposent des seuils plus stricts, notamment pour les personnes ayant déjà subi un accident cardiovasculaire. Un coordinateur de cardiologie de l’hôpital de Brasilia a fait le point sur ces évolutions.

  • Jusqu’à 40% de la population serait concernée par un taux de cholestérol élevé.
  • Les objectifs de traitement du « mauvais » cholestérol (LDL) ont été revus à la baisse, en particulier pour les patients à risque.
  • Des signes cutanés peuvent alerter, mais la majorité des cas restent asymptomatiques.

Ernesto Joscelin, coordinateur de cardiologie à l’hôpital de Brasilia, a détaillé lors d’un entretien pour CB.Santé les changements apportés par les nouvelles directives européennes et brésiliennes concernant le contrôle du cholestérol. L’une des modifications majeures concerne la réduction des seuils pour le cholestérol LDL. Pour les individus considérés comme présentant un faible risque cardiovasculaire, l’objectif passe d’un taux inférieur à 130 mg/dL à moins de 115 mg/dL. Cette mesure vise à une prise en charge plus proactive afin de prévenir les maladies cardiovasculaires.

La vigilance est d’autant plus accrue pour les patients ayant déjà connu un événement cardiovasculaire, tel qu’un infarctus, un accident vasculaire cérébral (AVC) ou une obstruction artérielle significative. Chez ces personnes, le taux de cholestérol LDL cible est désormais abaissé à moins de 40 mg/dL. Cette exigence renforce considérablement l’approche thérapeutique, soulignant la nécessité d’un contrôle encore plus rigoureux pour ces profils à haut risque.

Le spécialiste a également rappelé les causes de l’augmentation du cholestérol, mettant en lumière à la fois les facteurs liés à l’alimentation et la prédisposition génétique. L’excès calorique, non compensé par la dépense énergétique, conduit le corps à transformer les calories excédentaires en graisses stockées dans le sang. Par ailleurs, les hypercholestérolémies héréditaires nécessitent un suivi médical régulier et précis.

Bien que la plupart des personnes souffrant d’hypercholestérolémie soient asymptomatiques, certains signes visibles peuvent néanmoins apparaître. Les xanthélasmas, des dépôts de graisse sur la peau du visage, des articulations ou des mains, se manifestent comme des plaques légèrement surélevées et peuvent être indicatifs d’un taux de cholestérol élevé. Ces dépôts sont la conséquence directe de l’accumulation de cholestérol dans l’organisme.

L’hypercholestérolémie peut avoir des conséquences graves, telles que la formation de plaques graisseuses dans les artères. Lorsqu’elles obstruent les artères coronaires, elles peuvent provoquer un infarctus du myocarde. De même, des dépôts dans les artères du cou ou du cerveau sont à l’origine des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Il est particulièrement préoccupant de constater que la formation de ces plaques athéromateuses peut débuter dès l’enfance. Les enfants et adolescents dont le taux de cholestérol est élevé sans diagnostic ni traitement approprié risquent des événements cardiaques graves, parfois dès la trentaine ou la quarantaine. Cela souligne l’importance d’un dépistage précoce, y compris chez les plus jeunes, notamment ceux issus de familles avec antécédents d’hypercholestérolémie.

Concernant les traitements, les statines demeurent la pierre angulaire de la prise en charge. Elles sont d’ailleurs largement disponibles gratuitement dans les centres de santé et pharmacies. Des avancées thérapeutiques existent également avec les inhibiteurs de PCSK9, bien que leur coût soit élevé. Ces nouveaux médicaments ont démontré des bénéfices significatifs dans la réduction du risque cardiovasculaire et de la mortalité associée aux événements cardiaques et neurologiques.

Quant aux injections amaigrissantes, leur impact sur la santé cardiovasculaire est reconnu. Elles contribuent à la réduction du risque cardiovasculaire, principalement par l’effet bénéfique de la perte de poids qu’elles induisent.

Les recommandations actuelles préconisent une surveillance du cholestérol à partir de 30 ans pour la population générale. Pour les enfants issus de familles à antécédents d’hypercholestérolémie, un suivi doit être mis en place plus tôt. En l’absence de modification du taux de cholestérol, un contrôle annuel ou bisannuel est généralement suffisant.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.