Publié le 3 octobre 2025. Un nouveau rapport, fruit d’une collaboration internationale et relayé par la prestigieuse revue *The Lancet of Planetary Health*, souligne l’importance capitale d’une alimentation basée sur les végétaux pour la santé humaine et la préservation de la planète.
- Adopter le « régime Planète Santé » pourrait prévenir 15 millions de décès prématurés chaque année.
- Cette transition alimentaire est essentielle pour réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation.
- Le rapport met en lumière les profondes inégalités alimentaires mondiales.
Selon cette étude d’envergure, impliquant des experts de 70 pays, le passage à une alimentation centrée sur les végétaux représente la voie la plus efficace pour garantir notre bien-être et l’avenir de la Terre. L’adoption généralisée de ce que l’on nomme le « régime Planète Santé » permettrait une réduction drastique des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, du diabète, des affections respiratoires, de certains cancers et des maladies neurodégénératives, contribuant ainsi à éviter 15 millions de décès chaque année.
Au-delà des bénéfices sanitaires, cette révolution culinaire offre un potentiel considérable pour l’environnement. Le rapport estime que ce changement d’habitudes alimentaires pourrait diviser par deux les émissions de carbone du secteur alimentaire d’ici 2050. Il est rappelé que le système alimentaire actuel est responsable d’un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Les chercheurs ont également pointé du doigt les disparités criantes en matière d’accès à une alimentation saine. Tandis que les 30% les plus aisés sont à l’origine de 70% des impacts environnementaux liés à l’alimentation, 2,8 milliards de personnes dans le monde ne disposent pas de ressources suffisantes pour se nourrir correctement. Le rapport détaille cette précarité : 1 milliard de personnes souffrent de malnutrition, tandis qu’un autre milliard est confronté à des problèmes d’obésité.
Comment composer son assiette selon le « régime Planète Santé » ?
Le « régime Planète Santé » se distingue par sa flexibilité et son adaptabilité aux spécificités culturelles. Il peut ainsi prendre des formes variées, allant du végétarisme intégral au végétalisme, ou inclure une faible consommation de viande.
Les recommandations générales préconisent la consommation de cinq portions de fruits et légumes quotidiennement, accompagnées de 3 à 4 portions de céréales. Il est également conseillé d’intégrer une portion de noix et une portion de légumineuses par jour. La consommation de produits laitiers (lait, yaourt, fromage) devrait être limitée à une seule portion par jour.
En ce qui concerne les protéines animales, les experts suggèrent de consommer 3 à 4 œufs par semaine, deux portions de volaille et deux portions de poisson. La viande rouge, quant à elle, devrait être limitée à une seule portion hebdomadaire.
Des habitudes alimentaires marquées par les différences culturelles
Les chercheurs ont observé des variations notables dans les habitudes de consommation de viande rouge à travers le monde. Les États-Unis et le Canada en consomment sept fois plus que recommandé, suivis par l’Europe et l’Amérique latine (cinq fois plus), puis la Chine (quatre fois plus). En Afrique, l’alimentation est majoritairement composée d’aliments riches en amidon.
Face à ce constat, le rapport suggère qu’une augmentation modérée de la consommation de volaille, de produits laitiers et d’œufs en Afrique pourrait s’avérer bénéfique pour la santé des populations.
Un potentiel d’économies de plusieurs billions de dollars
Le coût actuel des problèmes de santé liés à l’alimentation et des dommages environnementaux associés s’élève à 15 billions de dollars par an, selon les estimations des chercheurs. Cependant, une transformation du système alimentaire, nécessitant un investissement annuel de 200 à 500 milliards de dollars, pourrait générer des économies substantielles, estimées à 5 billions de dollars.