Home Santé 40 pour cent des cancers peuvent être évités, mais pas seulement en « vivant plus sainement »

40 pour cent des cancers peuvent être évités, mais pas seulement en « vivant plus sainement »

0 comments 31 views

Publié le 2024-02-29 10:00:00. Des millions de cancers pourraient être évités chaque année grâce à des mesures de prévention accessibles, telles que l’arrêt du tabac, la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) et la réduction de la consommation d’alcool, mais leur mise en œuvre reste inégale à travers le monde.

  • Plus de 7 millions de nouveaux cas de cancer en 2022 sont liés à des facteurs de risque modifiables.
  • Le tabac, les infections (VPH, Helicobacter pylori) et l’alcool sont responsables de près de 40 % des diagnostics de cancer.
  • D’importantes disparités géographiques et entre les sexes persistent en matière de prévention.

Une étude internationale, publiée dans la revue Nature et menée par des chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et d’autres institutions, révèle que des mesures de prévention simples pourraient avoir un impact majeur sur la lutte contre le cancer. L’analyse des données de 185 pays, portant sur près de 19 millions de nouveaux diagnostics de cancer en 2022, met en évidence le rôle crucial des facteurs de risque modifiables.

L’étude souligne que le cancer se développe souvent sur une longue période après l’exposition à des facteurs nocifs. Les chercheurs ont donc pris en compte un décalage temporel d’une dizaine d’années entre les facteurs de risque et les diagnostics de 2022. « Le cancer se développe généralement plusieurs années après l’exposition, donc inclure un délai est essentiel et biologiquement plausible », explique Hanna Fink, co-auteure de l’étude, à Scientias.nl.

Le tabac reste le principal facteur de risque à l’échelle mondiale, étant lié à environ un cas de cancer sur six. Les infections, notamment le VPH et la bactérie Helicobacter pylori, occupent également une place importante. La consommation d’alcool est quant à elle responsable d’environ 700 000 nouveaux cas chaque année. Ensemble, ces trois facteurs représentent près de 40 % des nouveaux diagnostics de cancer dans le monde.

L’étude révèle des différences géographiques significatives. En Asie de l’Est, près de 60 % des cas de cancer chez les hommes pourraient être évités, principalement en raison de la prévalence du tabagisme. En Afrique subsaharienne, les infections sont la principale cause de cancer, en partie à cause des difficultés d’accès à la vaccination contre le VPH. Dans les pays occidentaux, l’obésité et l’exposition aux rayons ultraviolets contribuent également au risque.

Des disparités existent également entre les sexes. Chez les hommes, près de la moitié des diagnostics de cancer sont liés à des facteurs évitables, contre environ trois sur dix chez les femmes. Cette différence s’explique en partie par le fait que les hommes fument et boivent plus souvent que les femmes. Les infections, en particulier le VPH responsable du cancer du col de l’utérus, sont une cause majeure de cancer chez les femmes, notamment dans les pays les plus pauvres. Plus d’informations sur les liens entre le VPH et les maladies cardiovasculaires sont disponibles ici.

« Ces différences nécessitent clairement des stratégies de prévention sensibles au genre, telles que l’intensification de la vaccination et du dépistage du VPH chez les femmes, en plus de politiques strictes en matière de tabac et d’alcool ciblant les hommes. »

Hanna Fink, co-auteure de l’étude

Selon les chercheurs, le principal obstacle à une prévention efficace réside dans l’inégalité d’accès aux ressources. De nombreux pays n’ont pas les moyens de mettre en place des programmes de vaccination, de dépistage, de purification de l’air ou de réglementation du tabac et de l’alcool.

« Les preuves les plus solides soutiennent les politiques de lutte antitabac, la vaccination contre le VPH et l’hépatite B, la réduction de la consommation nocive d’alcool et le contrôle des infections par le dépistage et le traitement », résume Hanna Fink. « Ces mesures ont déjà réduit le fardeau du cancer là où elles ont été largement mises en œuvre. »

Il est important de souligner que le terme « évitable » ne signifie pas que chaque cas de cancer aurait pu être évité par des choix individuels. De nombreux facteurs de risque sont influencés par des conditions sociales, économiques et politiques. Les chiffres présentés dans l’étude pourraient même être sous-estimés, en particulier dans les pays disposant de systèmes d’information sur la santé moins développés. L’étude complète est disponible ici.

« Le message clé est que la prévention du cancer fonctionne. Dans le même temps, les gens doivent faire attention à ne pas interpréter ces résultats comme un blâme personnel ou comme une garantie d’une prévention complète. Le risque est façonné par des environnements et des politiques plus larges, et la prévention nécessite une action collective, pas seulement un changement de comportement individuel. »

Hanna Fink, co-auteure de l’étude

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les articles suivants : Une vie d’alcool augmente considérablement le risque de cancer colorectal et Ces cellules cérébrales « perfides » favorisent la croissance du cancer du cerveau. Vous pouvez également écouter le podcast scientifique de Scientias.nl :

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.