Publié le 2025-10-04 07:30:00. La course à l’amélioration des batteries pour véhicules électriques s’intensifie avec une nouvelle technologie américaine promettant une autonomie accrue. La société 24M présente une approche semi-solide qui pourrait redéfinir la densité énergétique des accumulateurs.
- Une nouvelle batterie semi-solide baptisée ETOP par l’entreprise américaine 24M pourrait augmenter l’autonomie des voitures électriques jusqu’à 50%.
- Cette technologie vise à maximiser la quantité de matériaux actifs dans la batterie en éliminant les composants structurels superflus.
- Compatible avec diverses chimies de batteries, l’ETOP pourrait voir ses premières applications commerciales dans l’aviation ou le stockage d’énergie avant les véhicules de série, attendus après 2028.
Au cœur de la révolution électrique, les batteries demeurent le facteur déterminant pour l’autonomie et la rapidité de recharge des véhicules. C’est dans ce contexte que de nombreux acteurs explorent des pistes d’amélioration, parmi lesquelles se distingue l’alternative semi-solide proposée par la société américaine 24M.
Le principal atout de cette nouvelle technologie, baptisée ETOP (Electronic to pack), réside dans sa capacité à concentrer davantage d’énergie dans un volume donné. Cela permettrait aux constructeurs d’augmenter l’autonomie des voitures sans nécessiter l’installation de batteries plus volumineuses, évitant ainsi les contraintes liées à l’espace, au poids et à l’efficacité globale du véhicule.
La nomenclature ETOP suggère une rupture avec la conception traditionnelle des batteries. Là où les accumulateurs actuels fonctionnent sur le principe d’une « cellule dans un pack » (cellule-to-pack), l’ETOP opte pour une approche « électronique dans un pack » (electronic to pack). Cette différence fondamentale implique l’abandon de la méthode conventionnelle de construction de modules et de packs à partir de cellules individuelles. Ces dernières s’accompagnent en effet de matériaux structurels (métaux, plastiques) qui, bien qu’indispensables au support, n’ont pas de rôle actif dans le stockage ou le transport de l’énergie.
En supprimant ces structures de support jugées non productives, la densité d’énergie de la batterie s’en trouve considérablement accrue. 24M avance qu’alors que les batteries conventionnelles contiennent entre 30% et 60% de matériaux actifs (électrons), leur technologie ETOP peut atteindre jusqu’à 80%. Cette amélioration substantielle permettrait, selon l’entreprise, d’offrir une autonomie supplémentaire de 50% sans modification de la taille de la batterie.
Un avantage supplémentaire de cette technologie est sa polyvalence. L’ETOP n’est pas limité à une chimie de batterie spécifique ; elle est compatible avec toutes les chimies existantes, qu’il s’agisse du NMC (Nickel Manganèse Cobalt), du LFP (Lithium Fer Phosphate), du NCA (Nickel Cobalt Aluminium) ou encore du sodium. Cette adaptabilité en fait une avancée complémentaire, susceptible de se greffer aux améliorations déjà en cours sur les chimies elles-mêmes.
L’annonce de cette innovation a logiquement suscité un vif intérêt quant à sa disponibilité future pour le grand public. Cependant, il faudra patienter avant de la retrouver dans les véhicules de série. La société 24M tempère les attentes :
« L’ETOP de 24M est une innovation et, comme pour tout produit lié à la production automobile, sa commercialisation prend du temps. L’intérêt marqué des équipementiers est très encourageant, et nous espérons proposer les premiers prototypes, vous ne le trouverez donc pas chez d’autres fabricants. »
24M, via Autocar
Les premières estimations placent le début de la production en série pour 2027, avec une disponibilité commerciale sur les routes envisagée pour après 2028. Néanmoins, il est possible que des applications commerciales de l’ETOP émergent plus rapidement dans d’autres secteurs. 24M confirme travailler avec des entreprises dans les domaines de l’aviation et du stockage d’énergie, des secteurs connus pour leurs cycles de développement plus courts, ce qui pourrait accélérer l’adoption de leur technologie.