Publié le 10 février 2026 à 16h40. Le virus respiratoire syncytial (VRS) touche neuf enfants sur dix avant l’âge de deux ans, avec un risque accru de complications graves pour les familles les plus défavorisées, selon un rapport alarmant.
- Près de 900 000 enfants de moins de cinq ans ont été touchés par le VRS entre 2019 et 2023, entraînant 952 décès.
- Les bébés de moins de trois mois sont particulièrement vulnérables, avec un taux d’hospitalisation de 61,4 %.
- L’accès limité aux soins de santé et aux mesures préventives, exacerbé par les difficultés socio-économiques, aggrave la situation.
Le virus respiratoire syncytial (VRS) représente une menace sérieuse pour la santé des jeunes enfants, en particulier ceux issus de milieux défavorisés. C’est ce que révèle une étude récente menée par l’association El Bebek Gül Bebek, qui met en lumière l’ampleur de ce problème de santé publique.
Selon les données recueillies, neuf enfants sur dix sont infectés par le VRS avant l’âge de deux ans. Si, dans la majorité des cas, l’infection se manifeste par des symptômes similaires à ceux d’un rhume, elle peut rapidement évoluer vers une pneumonie ou une bronchiolite, nécessitant une hospitalisation. Les bébés prématurés et ceux nés à terme présentent un risque accru de complications.
Le professeur S. Haluk Özsarı, responsable du département de gestion de la santé à l’université de Cerrahpaşa, souligne l’importance de considérer le VRS non seulement comme un virus, mais aussi comme un fardeau de maladie qui nécessite une gestion efficace des systèmes de santé. Il explique :
« Le VRS peut potentiellement représenter une dépense de santé dévastatrice pour le budget familial. À mesure que le fardeau de la maladie diminue, l’égalité des chances augmente. Cependant, à moins que des mesures nécessaires ne soient prises, cette situation continuera malheureusement à se répéter chaque année. »
Professeur S. Haluk Özsarı, responsable du département de gestion de la santé à l’université de Cerrahpaşa
L’étude révèle également que 88 % des établissements de santé ne disposent pas de protocoles standardisés pour la gestion du VRS. De plus, l’accès aux anticorps protecteurs, qui peuvent réduire de 55 % les visites aux urgences, reste limité.
Le docteur Vefik Arıca, de l’Université des Sciences de la Santé, met en garde sur le fait qu’un tiers des décès de bébés de moins d’un an sont attribuables au VRS. Il précise :
« Le VRS commence comme un simple rhume, mais peut rapidement se transformer en pneumonie. 9 enfants sur 10 contractent ce virus avant l’âge de 2 ans. Les injections d’anticorps protecteurs réduisent les visites aux urgences de 55 pour cent. Cependant, l’accès à cette protection est vital. »
Dr Vefik Arıca, Université des Sciences de la Santé
Les taux d’hospitalisation varient en fonction de l’âge : 61,4 % pour les bébés de moins de trois mois, 20,8 % pour ceux âgés de 4 à 12 mois et 26,7 % pour les enfants de 13 à 24 mois.
Enfin, l’étude souligne que les familles à faible revenu sont particulièrement vulnérables au VRS en raison de leurs conditions de vie et de l’accès limité aux soins de santé. Le coût d’une hospitalisation peut avoir un impact dévastateur sur leur budget, et le manque d’information contribue à aggraver la situation. L’article 24 de la Convention relative aux droits de l’enfant, qui stipule que tout enfant a droit au meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre, semble donc difficile à mettre en œuvre dans le contexte actuel.