Publié le 2025-10-10 10:25:00. Une étude menée entre 2021 et 2023 sur près de 100 000 femmes révèle des tendances importantes dans la détection des anomalies cervicales et la prévalence du papillomavirus humain (VPH), soulignant l’efficacité des dépistages combinés et la nécessité d’une approche adaptée à l’âge.
- Le dépistage combiné TCT (cytologie en milieu liquide) et VPH détecte plus d’anomalies que la seule cytologie.
- La positivité au VPH augmente avec la gravité des lésions précancéreuses et cancéreuses.
- Les génotypes de VPH couverts par le vaccin neufvalent sont fortement associés aux cancers du col de l’utérus.
Entre 2021 et 2023, un vaste programme de dépistage du cancer du col de l’utérus a été déployé auprès de 97 686 femmes âgées de 35 à 64 ans. Parmi elles, 67 539 ont bénéficié d’un test de cytologie seul (TCT), tandis que 30 147 ont été soumises à un test combiné, associant TCT et recherche du papillomavirus humain (VPH). Les femmes présentant des résultats anormaux ont ensuite fait l’objet d’investigations complémentaires, incluant une évaluation histopathologique, un examen clinique et l’analyse de leurs antécédents médicaux.
Les résultats globaux indiquent que 82,22 % des participantes ont présenté des résultats normaux. Cependant, des anomalies ont été détectées chez une proportion non négligeable : 11,22 % souffraient d’une inflammation chronique, 3,47 % d’une lésion intraépithéliale malpighienne de bas grade (LSIL), 2,77 % présentaient d’autres anomalies, 0,29 % une lésion intraépithéliale malpighienne de haut grade (HSIL), et 0,03 % un cancer du col de l’utérus (CC) confirmé.
Sur la période étudiée, une légère baisse, bien que non statistiquement significative, a été observée dans la détection du cancer du col de l’utérus. Les cas de HSIL ont atteint un pic en 2022, se montrant nettement plus élevés qu’en 2021 et 2023. Parallèlement, le LSIL a montré une tendance à la hausse, tandis que la prévalence de l’inflammation chronique et d’autres anomalies a diminué progressivement. Ces évolutions dynamiques pourraient refléter à la fois les stratégies de dépistage mises en œuvre et les caractéristiques propres à la population dépistée.
L’âge moyen des participantes était de 49 ans, avec une participation au dépistage plus marquée chez les femmes âgées de 50 à 54 ans. Fait notable, la détection des cancers du col de l’utérus augmentait significativement avec l’âge. Ainsi, ce risque atteignait 0,080 % chez les femmes de 55 à 64 ans, contre seulement 0,015 % chez celles âgées de 35 à 54 ans. Les HSIL étaient plus fréquemment détectées chez les femmes de 40 à 44 ans et de 60 à 64 ans, tandis que les taux de LSIL et d’inflammation chronique augmentaient progressivement avec l’âge. Ces constats soulignent l’importance de stratégies de dépistage adaptées à chaque tranche d’âge et d’une intervention rapide, particulièrement pour les femmes plus âgées.
Comparaison des méthodes de dépistage : TCT seul face au test combiné
L’analyse comparative des deux approches de dépistage révèle des différences significatives. Parmi les femmes ayant eu recours au TCT seul, le taux de positivité était de 1,79 %. En revanche, dans le groupe bénéficiant du dépistage combiné TCT et VPH, le taux de positivité atteignait 13,70 %. Ce dernier comprenait 2,46 % de cas positifs pour les deux méthodes et 11,24 % pour l’une ou l’autre méthode isolément. Ces chiffres démontrent que le dépistage combiné offre une sensibilité accrue dans la détection des anomalies.
Dans le groupe TCT seul, les taux de détection des cancers du col de l’utérus (CC) et des HSIL positifs au TCT étaient respectivement de 0,0133 % et 0,1481 %. Les cas de CC et HSIL négatifs au TCT étaient détectés à des taux inférieurs, 0,0015 % chacun. Il est à noter que deux de ces cas négatifs au TCT avaient été initialement identifiés grâce à des examens gynécologiques antérieurs ayant révélé des lésions et des polypes. Des examens ultérieurs avaient confirmé ces diagnostics, illustrant ainsi les limites de la cytologie en tant qu’outil unique.
Le dépistage combiné, quant à lui, a permis des taux de détection plus élevés pour le CC (0,0697 %) et le HSIL (0,5938 %). Les cas simultanément positifs au TCT et au VPH représentaient 0,0431 % des CC et 0,4412 % des HSIL, tandis que les cas positifs à l’une des deux méthodes seuls représentaient respectivement 0,0265 % et 0,1526 %.
Le papillomavirus humain (VPH) : distribution des génotypes chez les femmes dépistées
Au sein du groupe de 30 147 femmes ayant subi le dépistage combiné, la positivité au VPH s’élevait à 11,19 %. Les infections monogénotypes représentaient la majorité des cas (72,78 %). Parmi celles-ci, les infections par des génotypes à haut risque (HR-HPV) représentaient 66,65 % des cas, tandis que les infections par des génotypes à bas risque (LR-HPV) étaient plus rares (6,14 % en monoinfection, 0,65 % en co-infection). Compte tenu de la prédominance des HR-HPV, notamment en monoinfection, les analyses ultérieures se sont concentrées sur ces derniers.
La positivité au VPH augmentait significativement avec la gravité de la lésion, passant de 19,77 % dans les cas de LSIL à 93,30 % dans les HSIL et 95,24 % dans les CC. Au sein des infections à HR-HPV en monoinfection, les proportions de CC et HSIL étaient respectivement de 0,71 % et 4,85 %. Dans le cas des infections à génotypes multiples, les taux de CC et HSIL observés étaient de 0,45 % et 6,47 %. Aucune différence statistiquement significative n’a été mise en évidence quant au risque de CC ou de HSIL entre les infections à HR-HPV uniques et multiples.
Les infections monogénotypes les plus fréquemment détectées dans la population dépistée étaient le VPH52 (1,68 %), le VPH58 (0,98 %) et le VPH16 (0,75 %). Dans les cas de cancers du col de l’utérus, le VPH16 était prédominant (52,38 %), suivi du VPH18 (14,29 %) et du VPH26 (9,52 %). Ces observations suggèrent des associations spécifiques entre certains génotypes du VPH et la sévérité des lésions.
Tendances liées à l’âge dans la positivité au VPH et la répartition des génotypes
Dans la cohorte de dépistage, la positivité au VPH a montré une augmentation progressive avec l’âge, passant de 9,42 % chez les femmes de 35 à 39 ans à 16,85 % chez celles de 60 à 64 ans. Cette tendance s’est vérifiée tant pour les infections uniques que multiples, avec les génotypes HR-HPV et LR-HPV, indiquant un fardeau d’infection plus important chez les femmes plus âgées.
Parmi les infections à HPV monogénotypes, les HPV52, HPV58 et HPV16 figuraient parmi les plus répandus dans toutes les tranches d’âge. Le VPH52 prédominait chez les femmes de 35 à 59 ans, tandis que le VPH58 était plus fréquent chez celles de 60 à 64 ans. À l’inverse, les HPV26, HPV45 et HPV82 sont restés rares à tout âge. Les sept génotypes HR-HPV inclus dans le vaccin neufvalent (HPV16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58) ont été détectés dans tous les groupes d’âge, bien que le HPV45 soit resté peu fréquent. Les génotypes LR-HPV HPV44, HPV42 et HPV81 étaient plus courants que les HPV6 et HPV11. Ces résultats confirment l’importance de la vaccination contre le VPH et de stratégies de dépistage adaptées à l’âge pour une prévention efficace du cancer du col de l’utérus.
Positivité au VPH dans les cas de cancer du col de l’utérus
Étant donné le faible nombre de 31 cas de cancer du col de l’utérus détectés dans la cohorte de dépistage communautaire, une analyse statistique détaillée s’est avérée limitée. Pour évaluer de manière exhaustive les schémas d’infection par le VPH dans les cancers du col utérin, 3 362 échantillons de tissus de CC ont été collectés dans plusieurs hôpitaux en Chine. Ces échantillons comprenaient 3 014 cas de carcinomes épidermoïdes (CEC) et 348 cas d’adénocarcinomes (ADC).
La positivité globale au VPH était significativement plus élevée dans les cas de CEC (92,73 %) que dans ceux d’ADC (59,77 %). Les profils de répartition par âge différaient légèrement entre les sous-types histologiques. L’incidence du CEC atteignait un pic entre 51 et 55 ans, tandis que celle de l’ADC culminait entre 46 et 50 ans avant de décliner chez les femmes plus âgées.
La positivité au VPH diminuait avec l’âge dans les deux sous-types. Dans le CEC, la détection du VPH était de 93,21 % chez les patientes de moins de 65 ans, contre 90,75 % chez celles de plus de 65 ans. Dans l’ADC, la positivité était de 64,01 % chez les femmes de moins de 65 ans, mais tombait à 39,98 % chez celles de plus de 65 ans. Ces données indiquent un déclin lié à l’âge de la positivité au VPH et une proportion croissante de CC négatifs pour le VPH chez les femmes âgées.
Pour examiner plus en détail la répartition par âge selon le statut VPH, la proportion de chaque groupe d’âge a été calculée au sein des populations de CEC et d’ADC positives et négatives au VPH. Dans les cas de CEC avant 45 ans, la proportion de chaque groupe d’âge au sein de la population de CEC positifs pour le VPH était supérieure à celle observée dans la population de CEC négatifs pour le VPH. Cependant, cette tendance s’est inversée après 45 ans, les cas de CEC négatifs pour le VPH devenant plus fréquents. Dans l’ADC, les cas HPV positifs étaient plus fréquents avant 55 ans, tandis que les cas HPV négatifs prédominaient après 55 ans.
Distribution du génotype du VPH dans les cancers du col de l’utérus positifs
Dans les carcinomes épidermoïdes (CEC) du col de l’utérus, toutes les infections monogénotypes étaient de type HR-HPV, les HPV16 (56,60 %), HPV18 (5,71 %) et HPV58 (4,68 %) étant les plus prévalents. La positivité au VPH16 diminuait avec l’âge, tandis que celle des HPV58, HPV52, HPV31 et HPV82 montrait de modestes augmentations. Dans les adénocarcinomes (ADC), les HPV16 (51,18 %), HPV18 (39,41 %) et HPV45 (4,71 %) étaient dominants, bien qu’aucune tendance cohérente liée à l’âge n’ait été observée.
Parmi les cas de cancers du col de l’utérus positifs au VPH, le VPH16 a été détecté dans 72,59 % des CEC et 56,73 % des ADC. Les types HPV16/18 représentaient ensemble 79,57 % des CEC et 91,83 % des ADC. Les sept génotypes HR-HPV inclus dans le vaccin neufvalent étaient présents dans 94,99 % des CEC et 97,60 % des ADC. Ces résultats indiquent que la majorité des cancers du col de l’utérus positifs au VPH dans cette cohorte étaient attribuables à des génotypes couverts par le vaccin, soulignant la pertinence des stratégies de vaccination actuelles.