Publié le 25 octobre 2025 08:35:00. Des chercheurs australiens ont mis au point des nanoparticules métalliques capables de cibler et de détruire sélectivement les cellules cancéreuses, ouvrant la voie à des traitements moins invasifs et plus efficaces. Cette avancée, encore au stade préliminaire, exploite la propre vulnérabilité des tumeurs.
- Des nanoparticules d’oxyde de molybdène, modifiées chimiquement, libèrent des molécules d’oxygène réactives pour détruire les cellules malades.
- Les tests en laboratoire ont montré une efficacité trois fois supérieure sur les cellules cancéreuses du col de l’utérus par rapport aux cellules saines, sans nécessiter de lumière externe.
- Cette approche pourrait aboutir à des thérapies anticancéreuses plus douces et plus ciblées, en utilisant des matériaux moins coûteux et potentiellement moins toxiques que les métaux nobles.
Une équipe internationale de chercheurs, menée par des scientifiques du Royal Melbourne Institute of Technology (RMIT) en Australie, a développé une nouvelle stratégie prometteuse dans la lutte contre le cancer. Ils ont conçu de minuscules particules, baptisées nanodots, à partir d’oxyde de molybdène, un composé dérivé d’un métal rare, le molybdène, couramment employé dans l’industrie électronique et la fabrication d’alliages.
Le mécanisme d’action de ces nanodots repose sur leur capacité à générer un stress oxydatif spécifiquement au sein des cellules cancéreuses. En modifiant leur composition chimique, les chercheurs sont parvenus à ce que ces particules libèrent des formes instables d’oxygène. Ces molécules d’oxygène réactives endommagent les cellules tumorales et déclenchent leur autodestruction, un processus naturel que le cancer parvient souvent à contourner.
Les résultats des premières expériences, menées en culture cellulaire, sont encourageants. Les nanodots ont démontré une capacité à éliminer trois fois plus de cellules cancéreuses du col de l’utérus que de cellules saines en l’espace de 24 heures. Fait notable, cette efficacité a été observée sans avoir recours à une source de lumière externe, un aspect souvent nécessaire pour les technologies basées sur le stress oxydatif. Ces découvertes ont été publiées dans la revue scientifique Advanced Science.
« Les cellules cancéreuses vivent déjà dans un environnement de stress plus élevé que les cellules saines. Nos particules amplifient ce stress, juste assez pour provoquer l’autodestruction des cellules tumorales, tandis que les cellules saines s’en sortent sans difficulté majeure », explique Zhang Baoyue, premier auteur de l’étude et chercheur à la RMIT School of Engineering.
La plupart des traitements anticancéreux actuels, qu’il s’agisse de chimiothérapie ou de radiothérapie, ont un impact sur l’ensemble de l’organisme, affectant aussi bien les tissus malades que sains. L’approche développée par l’équipe du RMIT pourrait donc révolutionner la manière de traiter les cancers. En ciblant sélectivement les cellules cancéreuses, elle ouvre la porte à des thérapies beaucoup plus douces, limitant les effets secondaires et améliorant la qualité de vie des patients.
Un autre avantage de ces nanoparticules réside dans leur composition. Contrairement à des métaux précieux comme l’or ou l’argent, qui peuvent être coûteux et présenter une certaine toxicité, l’oxyde de molybdène est un oxyde métallique plus commun. Cela suggère que les futures thérapies basées sur cette technologie pourraient être plus abordables et plus sûres à développer à grande échelle.
Il est important de souligner que ces recherches en sont encore aux premières étapes. Les nanoparticules n’ont été testées qu’en laboratoire sur des cellules et n’ont pas encore fait l’objet d’essais sur des animaux ou chez l’homme. Cependant, cette avancée représente une nouvelle piste prometteuse pour la conception de traitements anticancéreux plus sophistiqués et moins contraignants pour les patients.