Publié le 2025-10-26 17:01:00. Si l’exfoliation cutanée est souvent présentée comme une étape clé pour une peau nette et renouvelée, des experts mettent en garde contre une pratique qui, mal exécutée ou inadaptée, peut s’avérer plus néfaste que bénéfique. Le type de peau, la méthode employée et la fréquence d’application sont autant de facteurs déterminants pour éviter d’endommager la barrière cutanée.
- L’exfoliation, bien que potentiellement bénéfique, doit impérativement être encadrée par un avis médical.
- Selon la nature de votre peau, ce geste peut entraîner une sécheresse accrue et une plus grande vulnérabilité.
- Le choix de l’exfoliant et sa fréquence d’utilisation doivent être personnalisés, les exfoliants chimiques nécessitant une prescription.
- L’hydratation post-exfoliation est essentielle, mais ne supprime pas tous les risques inhérents à cette pratique.
L’exfoliation est largement plébiscitée dans les routines de soins pour ses vertus supposées : éliminer les impuretés, désengorger les pores et favoriser le renouvellement cellulaire. Pourtant, cette habitude peut se révéler contre-productive, voire dangereuse, en fonction du type de peau et de la manière dont elle est pratiquée.
« En réalité, personne ne devrait s’adonner à ce type de processus à domicile »,
met en garde le Dr Fábio Rebucci, dermatologue et membre de la Société Brésilienne de Dermatologie – Régionale de São Paulo (SBD-RESP).
Le spécialiste, également professeur de chirurgie dermatologique à la Faculté de médecine ABC (FMABC) dans le Grand São Paulo, explique que l’élimination des couches superficielles de l’épiderme peut le rendre plus sec et perméable aux irritants et aux micro-organismes potentiellement responsables d’infections.
Le Dr Barbara Miguel, dermatologue à l’Hôpital Israelita Albert Einstein, nuance ce propos, reconnaissant l’utilité de l’exfoliation dans certains cas spécifiques, comme la kératose pilaire, qui provoque des petites bosses rugueuses sur les bras, les cuisses et les fesses. « Dans ces situations, l’usage d’exfoliants peut être bénéfique, à condition qu’il soit réalisé sous supervision médicale », précise-t-elle. Elle recommande cependant aux personnes ayant la peau sèche et sensible, ou souffrant de maladies dermatologiques telles que la dermatite atopique, l’eczéma ou la rosacée, d’éviter complètement cette pratique.
Comprendre les différents types d’exfoliants
Il existe deux grandes catégories d’exfoliants :
- Les exfoliants physiques : Ils agissent par friction pour déloger les cellules mortes. On y retrouve les produits contenant des grains, des microbilles ou des éponges végétales (luffas).
- Les exfoliants chimiques : Ils contiennent des actifs tels que l’acide glycolique, rétinoïque ou salicylique. Ces substances favorisent le remplacement des couches superficielles de la peau, stimulant ainsi le renouvellement cellulaire.
« Les exfoliants chimiques ne doivent être utilisés que sur prescription médicale. Une mauvaise utilisation peut entraîner des irritations, voire des brûlures », insiste le Dr Rebucci.
Quelle fréquence d’exfoliation pour quelle peau ?
Selon le Dr Miguel, les personnes ayant la peau grasse pourraient envisager une exfoliation légère, à une fréquence maximale d’une fois par semaine. Pour les peaux mixtes, une séance toutes les deux semaines, avec des produits doux et des gestes délicats, serait plus appropriée. « De manière générale, il est recommandé de ne pas exfolier sans avis médical, surtout pour les peaux plus sensibles », réaffirme la dermatologue.
Exfoliation et nettoyage : quelles différences ?
Il est important de distinguer l’exfoliation du nettoyage de la peau. Un nettoyage professionnel est indiqué pour retirer les points noirs et les impuretés profondes, tandis que l’exfoliation cible uniquement la couche superficielle de l’épiderme. Un nettoyage quotidien, deux fois par jour, avec des savons adaptés au type de peau, reste essentiel.
L’exfoliation et l’acné : une combinaison risquée ?
Pour les personnes souffrant d’acné, il est préférable de privilégier les produits prescrits par un dermatologue pour traiter la condition.
« L’exfoliation n’améliorera pas l’état de la peau acnéique. Au contraire, elle peut aggraver l’inflammation, multiplier les boutons et augmenter le risque d’infection », avertit le Dr Rebucci.
Attention aux accessoires d’exfoliation
L’utilisation de certains accessoires, comme des éponges ou des gants, est déconseillée car ils peuvent altérer la barrière protectrice de la peau et, en raison de leur humidité prolongée, devenir un terrain propice à la prolifération bactérienne.
Saisonalité et exfoliation
En hiver, lorsque la peau est naturellement plus sèche et sensible, et que les douches chaudes sont plus fréquentes, l’exfoliation peut s’avérer encore plus agressive. Le Dr Miguel suggère de « réduire encore davantage la fréquence de ce type de traitement, dans les cas où il est indiqué ».
Peau du visage et du corps : des besoins distincts
Les formules destinées au visage sont généralement plus douces. Il est cependant primordial de demander conseil à un dermatologue avant d’utiliser un quelconque produit exfoliant sur le visage. Les mélanges faits maison sont à proscrire totalement, sur toutes les parties du corps.
L’hydratation, une étape cruciale mais insuffisante
Si l’hydratation de la peau est fondamentale après une exfoliation, elle ne parvient pas à compenser les éventuels dommages causés par un geste mal adapté.
Exfoliation avant l’épilation : une prudence de mise
Pour les personnes sujettes aux poils incarnés, une exfoliation légère quelques jours avant l’épilation peut être envisagée. Cependant, une grande prudence est de mise, l’acte d’épilation étant déjà en soi une agression pour la peau.
Reproduction/Pexels
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