Face à un enfant malade, l’inquiétude des parents oscille entre le besoin d’agir vite et l’envie de s’appuyer sur leur propre expérience. Une pédiatre partage sa stratégie personnelle pour naviguer ces moments, en distinguant les gestes essentiels de ceux à éviter.
Lorsqu’un enfant est souffrant, les parents traversent souvent une véritable tempête émotionnelle, passant de l’inquiétude à la peur, de la compassion à la confusion. Il est parfois ardu d’évaluer la gravité d’une maladie chez les plus jeunes. Une fièvre ou une toux persistante, par exemple, peuvent susciter des interrogations : faut-il consulter un professionnel de santé ? Que faire soi-même ? Si l’on veille au confort de l’enfant, surveille sa température et administre les médicaments nécessaires, il arrive que certains parents en fassent parfois plus que requis.
Les conseils d’une pédiatre pour soigner ses propres enfants
Sur la plateforme « CNBC Make it », la pédiatre et mère Kelly Fradin a dévoilé ses pratiques lorsqu’il s’agit de prendre soin de ses enfants malades, et ce à quoi elle préfère renoncer.
Le miel, allié naturel contre la toux
Reconnu pour ses bienfaits apaisants sur les maux de gorge, le miel constitue un remède maison de choix. La docteure Fradin suggère de commencer par cette approche, soulignant que de nombreux sirops pour la toux contiennent une multitude d’ingrédients souvent superflus. Pour les enfants de plus d’un an, elle recommande le miel ou des préparations dont le miel est l’ingrédient principal. Son crédo : privilégier les solutions naturelles lorsque cela est possible. Il est toutefois crucial de respecter la limite d’âge : « Le miel, le sirop d’érable ou le sirop de maïs peuvent contenir des bactéries potentiellement dangereuses, notamment pour les nourrissons », alerte l’Association fédérale des pédiatres et adolescents. Selon « Öko-Test », la flore intestinale des enfants est suffisamment développée après un an pour que d’éventuelles spores ne présentent plus de risque.
Précision millimétrée pour les médicaments
Les erreurs de dosage, particulièrement fréquentes avec les médicaments liquides, peuvent survenir du fait de la variabilité de la taille des cuillères à café ou de la confusion entre cuillères à soupe et à café. « Par mesure de sécurité, je prescris toujours la dose en millilitres afin d’augmenter la précision et d’éviter les erreurs », explique la pédiatre. L’Institut fédéral des médicaments et des dispositifs médicaux a d’ailleurs signalé en 2022 que les enfants et les nouveau-nés étaient particulièrement exposés au risque d’erreurs médicamenteuses, souvent dues à une mauvaise communication entre parents concernant les prises déjà effectuées.
Observer l’enfant avant de compter les degrés
Une température élevée chez un enfant ne justifie pas systématiquement une visite chez le médecin. La docteure Fradin préconise avant tout d’observer l’état général de l’enfant. Si l’enfant semble affaibli et abattu, une consultation s’impose davantage que s’il présente une forte fièvre mais reste mobile et actif. Dans ce cas, un moment de calme, un câlin et la lecture d’une histoire peuvent être plus bénéfiques que toute autre chose. L’attitude à adopter face à la fièvre dépend également de l’âge de l’enfant et du thermomètre.
Le sommeil avant le médicament
« Le sommeil est essentiel à la guérison, à la récupération et à la croissance. Il peut être difficile à obtenir si la toux ou la congestion empêchent l’enfant de dormir », rappelle la pédiatre. Bien que certains parents craignent que la prise de médicaments soit plus urgente que le repos, si l’enfant semble apaisé et dort bien, le laisser dormir est souvent la meilleure option. Le Centre fédéral d’éducation pour la santé confirme l’importance du repos et du sommeil pour la convalescence des enfants.
Quand la fièvre impose une intervention
À l’inverse, si l’enfant respire plus rapidement, peine à dormir, transpire abondamment ou refuse de s’alimenter, la pédiatre recommande un antipyrétique. Il s’agit alors d’administrer la dose appropriée, idéalement après discussion avec un professionnel de santé. Si les symptômes persistent plusieurs jours, une consultation médicale est vivement conseillée.