Home Santé Le temps lui-même pourrait être un élément crucial dans la prévention de la démence, selon une étude : ScienceAlert

Le temps lui-même pourrait être un élément crucial dans la prévention de la démence, selon une étude : ScienceAlert

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Publié le 24 septembre 2025. Le manque de temps libre, un phénomène croissant dans nos vies modernes, pourrait bien avoir des conséquences insoupçonnées sur notre santé cérébrale. Une nouvelle étude australienne suggère un lien direct entre cette « inéquité temporelle » et un risque accru de développer une démence.

« Jusqu’à 45 % des cas de démence dans le monde pourraient être évités si les facteurs de risque modifiables étaient éliminés », explique Susanne Röhr, épidémiologiste à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW). « Cependant, de nombreuses personnes n’ont tout simplement pas le temps de faire de l’exercice, de se reposer correctement, de manger sainement ou de maintenir des liens sociaux. » Ce manque de temps, qualifié de « pauvreté du temps », constitue selon elle un obstacle caché à la prévention de la démence.

Les chercheurs de l’UNSW plaident pour que le temps soit considéré comme une ressource aussi précieuse que l’alimentation ou l’exercice physique pour la santé de notre cerveau. Pour maintenir un cerveau en bonne santé, il faudrait idéalement consacrer environ 10 heures par jour à des activités essentielles : sommeil suffisant, alimentation équilibrée, interactions sociales régulières et exercice physique. Or, ces activités sont souvent les premières sacrifiées face aux exigences professionnelles, familiales et aux contraintes de la vie quotidienne.

L’étude met en lumière que certaines populations sont particulièrement touchées par ce manque de temps. Les femmes, qui assument la majorité des tâches de soins à travers le monde, et les personnes à faibles revenus, souvent contraintes d’enchaîner de longues heures de travail ou des horaires irréguliers, disposent encore moins de marge de manœuvre.

« Pour beaucoup, en particulier ceux qui occupent une position défavorisée ou qui s’occupent de proches, cela n’est tout simplement pas réalisable dans les conditions actuelles », souligne Simone Reppermund, chercheuse en psychologie. Lutter contre ce manque de temps est donc crucial si l’on souhaite sérieusement prévenir la démence.

Les facteurs liés au mode de vie, reconnus comme influençant le risque de démence, incluent la solitude, la consommation d’aliments ultra-transformés, la qualité du sommeil, le niveau d’activité physique et même l’hygiène bucco-dentaire. Tous ces éléments nécessitent du temps pour être gérés de manière optimale.

Pour inverser la tendance, les chercheurs suggèrent une approche systémique passant par un soutien communautaire renforcé. Cela pourrait se traduire par l’amélioration des services de garde d’enfants, la promotion de modalités de travail plus flexibles comme la semaine de travail de quatre jours, le développement des transports publics et la mise en place du droit à la déconnexion.

« La politique et la recherche en matière de santé cérébrale se sont fortement concentrées sur le changement de comportement individuel. Mais à moins que les gens ne disposent des ressources temporelles nécessaires pour mettre en œuvre ces recommandations, nous risquons de laisser derrière nous ceux qui en ont le plus besoin. Tout comme les gouvernements agissent sur les inégalités de revenus, nous devons agir sur les inégalités temporelles. »

Perminder Sachdev, neuropsychiatre

Sans mesures adéquates, les taux de démence continueront d’augmenter, affectant de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables. L’étude, publiée dans la revue The Lancet Healthy Longevity, appelle à une prise de conscience politique et sociétale pour s’attaquer à ce défi.

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