Publié le 2024-07-29 15:30:00. La Roumanie s’apprête à lancer un fonds dédié à la gestion des risques d’inondation, une mesure indispensable pour débloquer des fonds européens cruciaux. Cette initiative intervient après une année marquée par des catastrophes naturelles dévastatrices.
- Un fonds d’infrastructure sera créé pour au moins cinq ans afin de lutter contre les inondations.
- Cette mesure est une condition préalable au déblocage de fonds de relance de l’Union européenne.
- Le pays a subi des inondations parmi les plus graves de ces vingt dernières années en 2024.
Face aux récentes et dévastatrices inondations, qui ont causé au moins 10 décès, endommagé des milliers de maisons et provoqué des effondrements de ponts, la Roumanie se résout à mettre en place un fonds d’infrastructure spécifique. Cette décision est un jalon essentiel dans le cadre du plan de réformes négocié avec la Commission européenne en vue d’obtenir les fonds de relance promis par l’UE. Le pays a jusqu’au premier trimestre 2026 pour concrétiser ce mécanisme de financement destiné aux travaux de protection contre les crues.
S’appuyant sur une étude de la Banque Mondiale, le ministère de l’Environnement estime les besoins entre 10 et 40 milliards d’euros (environ 11,66 à 46,65 milliards de dollars) sur une période minimale de cinq ans. Ces fonds seraient destinés à la réhabilitation de barrages, la construction de ponts et le renforcement des digues. Cependant, le gouvernement actuel, confronté à un déficit budgétaire important, ne peut assumer l’intégralité de ces coûts dans l’immédiat. La ministre de l’Environnement, Diana Buzoianu, a souligné cette contrainte :
« Pour le moment, nous ne pouvons pas réaliser absolument tous les travaux nécessaires. Mais ce que je veux, c’est que ce fonds couvre des travaux dans des zones où nous savons déjà qu’il y a un risque élevé d’inondations sans lequel les communautés et les vies sont en danger. »
Diana Buzoianu, ministre de l’Environnement
Bien que le montant exact du fonds reste à définir au niveau gouvernemental, il sera alimenté par les redevances et taxes liées à la gestion de l’eau. Les fonds collectés seront prioritairement alloués aux travaux jugés les plus urgents, tels que préconisés par l’étude de la Banque Mondiale. Parallèlement, le ministère de l’Environnement fait face à la perte de 2 milliards d’euros (environ 2,33 milliards de dollars) de fonds de relance de l’UE, due à des retards dans la finalisation de projets avant la date limite d’août 2026. La ministre Buzoianu, à la tête du ministère depuis fin juin, s’emploie à réformer les agences de gestion forestière et hydraulique afin de récupérer une partie de ces fonds, précisant qu’environ 40 % des sommes perdues seront couvertes par le budget de l’État.