Publié le 13 février 2024 16:07:00. Une nouvelle approche thérapeutique basée sur l’injection d’un virus modifié pourrait stimuler le système immunitaire contre le glioblastome, une forme agressive de cancer du cerveau, offrant ainsi un espoir aux patients pour lesquels les traitements actuels sont souvent inefficaces.
- Une injection unique d’un virus oncolytique induit une réponse immunitaire durable impliquant les lymphocytes T.
- Cette immunothérapie s’est avérée particulièrement efficace chez les patients présentant des anticorps viraux préexistants.
- Les résultats suggèrent une amélioration de la survie globale et sans progression chez les patients atteints de glioblastome récurrent.
Jusqu’à présent, les immunothérapies qui ont révolutionné le traitement de certains cancers, comme le mélanome, se sont avérées peu efficaces contre le glioblastome. Ce type de tumeur est considéré comme « froid », c’est-à-dire qu’il ne suscite qu’une faible infiltration de cellules immunitaires capables de combattre le cancer. Selon le Dr. Kai Wucherpfennig, directeur du département d’immunologie et de virologie du cancer au Dana-Farber Cancer Institute, « Les patients atteints de glioblastome n’ont pas bénéficié d’immunothérapies qui ont transformé les soins aux patients dans d’autres types de cancer tels que le mélanome, car le glioblastome est une tumeur « froide » avec une faible infiltration des cellules immunitaires qui combattent le cancer ». Les résultats d’une étude clinique récente, publiée dans la revue Cell, ouvrent cependant une nouvelle voie.
Les chercheurs ont mené un essai clinique de phase I ouvert, référencé NCT03152318, sur 41 patients atteints de glioblastome récurrent. Ils ont évalué l’injection intratumorale unique de rQNestin34.5v.2, un virus de l’herpès simplex oncolytique conçu pour se répliquer spécifiquement dans les cellules tumorales. L’étude a révélé une survie prolongée, en particulier chez les patients ayant déjà des anticorps contre le virus. Les analyses approfondies ont montré que le virus oncolytique stimule l’activation immunitaire au sein du microenvironnement tumoral.
L’équipe de recherche a constaté que le traitement par le virus oncolytique favorise l’expansion de clones de lymphocytes T préexistants et induit une immunité persistante dirigée contre les cellules de glioblastome. Une corrélation significative a été observée entre la proximité des cellules tumorales détruites (caspase-3+) et des cellules T actives (granzyme B+) et une meilleure survie sans progression. De plus, l’infiltration accrue de cellules T dans la tumeur après le traitement est associée à une survie globale plus longue, même en présence de résidus viraux dans les zones nécrotiques.
« Nous montrons qu’une infiltration accrue de cellules T qui attaquent les cellules tumorales se traduit par un bénéfice thérapeutique pour les patients atteints de glioblastome. »
E. Antonio Chiocca, MD, PhD, directeur exécutif du Centre des tumeurs du système nerveux du Mass General Brigham Cancer Institute
« Nos résultats pourraient avoir des implications importantes pour un cancer dont le niveau de soins n’a pas changé depuis 20 ans », souligne le Dr. Chiocca. Cette découverte pourrait donc marquer un tournant dans la prise en charge du glioblastome, une maladie particulièrement agressive et difficile à traiter.
Pour des informations complémentaires sur les auteurs de l’étude, veuillez consulter cell.com.