Home Santé Trouver les prochains traitements vedettes de Sanofi, le défi de taille qui attend la patronne Belén Garijo

Trouver les prochains traitements vedettes de Sanofi, le défi de taille qui attend la patronne Belén Garijo

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Sanofi change de cap. Belén Garijo, actuelle directrice générale de Merck KGaA, prendra les rênes du géant pharmaceutique français le 29 avril prochain, succédant de manière abrupte à Paul Hudson, limogé par le conseil d’administration le 12 février.

L’arrivée de la dirigeante espagnole de 65 ans, médecin de formation, est attendue avec impatience. Sanofi, qui a récemment publié des résultats financiers solides pour 2023 avec un chiffre d’affaires de 43,62 milliards d’euros (environ 47,7 milliards de dollars) et un bénéfice net de 9,55 milliards d’euros (environ 10,4 milliards de dollars), doit relancer sa dynamique d’innovation pour convaincre les marchés financiers.

Selon un communiqué de Sanofi, la priorité de Belén Garijo sera de « renforcer la productivité, la gouvernance et la capacité d’innovation de la recherche et développement ». Frédéric Oudéa, président du conseil d’administration de Sanofi et ancien dirigeant de Société Générale, a salué son « expérience et son profil » pour « accélérer le rythme, renforcer la qualité d’exécution de la stratégie et conduire ainsi le prochain cycle de croissance de l’entreprise ».

Le départ de Paul Hudson, qui dirigeait Sanofi depuis 2019, intervient alors que le groupe est fortement dépendant de son traitement vedette, Dupixent, dont le brevet expirera à partir de 2031. Sous sa direction, le cours de Bourse de Sanofi n’a progressé que de 1 %.

Belén Garijo connaît bien Sanofi, où elle a passé quinze ans, de 1995 à 2010, notamment en pilotant l’intégration de Genzyme lors de son acquisition par le groupe. Cependant, un analyste financier souligne que « le Sanofi d’aujourd’hui, recentré par Paul Hudson sur l’immunologie et les vaccins innovants, n’a plus rien à voir. Le temps qu’elle s’installe vraiment aux manettes, le groupe va encore perdre un an ».

La nomination de Belén Garijo, alors que le cours de Bourse de Merck KGaA (chiffre d’affaires de 21,2 milliards d’euros en 2023) a reculé d’environ 15 % depuis qu’elle en a pris la direction en 2021, en raison notamment d’échecs dans le développement de nouveaux traitements, suscite également des interrogations. Certains observateurs, comme Nicolas Dumas de Roland Berger, évoquent même la possibilité qu’elle soit une directrice générale de transition.

L’analyste cité précédemment estime que cette affaire est liée à des enjeux politiques autant qu’à des problèmes d’innovation ou de performance boursière. Les tensions se sont accumulées ces dernières années autour de l’ancrage français de Sanofi, notamment avec la cession du contrôle majoritaire d’Opella – la branche de santé grand public qui fabrique le Doliprane – à un fonds américain, l’investissement de 20 milliards de dollars aux États-Unis annoncé l’an dernier sous la pression de Donald Trump pour rapatrier la production pharmaceutique, et les critiques de Paul Hudson sur les prix bas des médicaments en France.

Johannes Baillou, président de Merck KGaA, avait salué en septembre dernier « sa direction exceptionnelle », « son engagement inébranlable » et « sa capacité avérée à relever les défis avec résilience ». Belén Garijo devra désormais rassurer non seulement les investisseurs, mais également les pouvoirs publics français.

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