Publié le 16 février 2026. De nouvelles analyses révèlent que le volcan Pavonis Mons sur Mars abrite un système magmatique bien plus complexe et dynamique qu’on ne le pensait, remettant en question notre compréhension de l’activité volcanique sur la planète rouge.
- Le système magmatique sous Pavonis Mons est resté actif et complexe même durant les périodes volcaniques les plus récentes.
- L’activité volcanique s’est manifestée par des phases d’éruptions à travers des fissures, puis par des éruptions plus concentrées en un seul point.
- L’étude, basée sur des données orbitales, permet de reconstituer l’évolution volcanique de Mars sans avoir à prélever d’échantillons directement sur place.
L’intérieur de Mars, longtemps considéré comme relativement calme, se révèle être un environnement géologiquement actif. Une équipe de chercheurs a mis en évidence une histoire souterraine riche et complexe sous l’un des plus grands volcans de Mars, le Montagne du Paon (Pavonis Mons). Ces découvertes, publiées le 29 janvier 2026 dans la revue Geology, ouvrent de nouvelles perspectives sur la manière dont la planète rouge a évolué au fil des milliards d’années.
Jusqu’à présent, les éruptions volcaniques étaient généralement envisagées comme des événements ponctuels : le magma remonte, entre en éruption, et le processus s’achève. Or, cette nouvelle étude suggère que les systèmes magmatiques martiens peuvent persister sur de longues périodes, évoluer et façonner le paysage de manière progressive.
Tracer l’activité magmatique depuis l’espace
Dirigée par Bartosz Pieterek de l’Université Adam Mickiewicz, cette recherche s’appuie sur une cartographie détaillée de la surface martienne et sur l’analyse des données minérales obtenues grâce à des observations orbitales. Cette combinaison a permis de reconstituer l’évolution volcanique et magmatique de la région sud de Pavonis Mons avec une précision inédite.
« Nos résultats montrent que même dans les périodes volcaniques les plus jeunes sur Mars, le système magmatique souterrain est resté actif et complexe »,
Bartosz Pieterek, chercheur à l’Université Adam Mickiewicz
Selon le Dr Pieterek, un volcan ne se contente pas d’entrer en éruption une seule fois. Il évolue au fil du temps, en fonction des changements qui se produisent sous la surface.
Des fissures aux cônes volcaniques : une évolution en plusieurs phases
L’étude révèle que le système volcanique au sud de Pavonis Mons s’est développé en plusieurs phases éruptives. Initialement, la lave s’échappait par de longues fissures (appelées éruptions alimentées par des fissures) et s’étendait sur de vastes zones. Par la suite, l’activité volcanique s’est concentrée sur des points spécifiques, donnant naissance à des cônes volcaniques (ou événements formant cône).
Bien que les coulées de lave issues de ces différentes phases semblent distinctes en surface, les chercheurs ont démontré qu’elles proviennent toutes du même système magmatique souterrain. Chaque phase d’éruption laisse une « empreinte » minérale particulière, offrant aux scientifiques des indices précieux pour suivre l’évolution du magma au fil du temps.
« Ces différences minérales nous indiquent que le magma lui-même a évolué. Cela reflète très probablement des changements dans la profondeur à laquelle le magma provient et combien de temps il est stocké sous la surface avant d’entrer finalement en éruption. »
Bartosz Pieterek, chercheur à l’Université Adam Mickiewicz
Comprendre Mars sans toucher son sol
L’absence de prélèvements d’échantillons directs sur les volcans martiens rend l’étude de leur activité intérieure particulièrement difficile. Les observations orbitales constituent donc le principal outil dont disposent les scientifiques pour percer les mystères de la planète rouge.
« Comme l’échantillonnage direct des volcans martiens n’est pas possible actuellement, des études comme celle-ci fournissent des informations rares sur la structure et l’évolution de l’intérieur de la planète », a souligné Pieterek.
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