Publié le 16 février 2024 15:45:00. Le virus Nipah, transmis par des chauves-souris, suscite une surveillance internationale en raison de sa forte létalité, bien que sa contagiosité reste limitée. Une récente épidémie en Inde n’a pas révélé de signes d’inquiétude particulière, selon les experts.
- Le virus Nipah est mortel dans environ 60 % des cas et classé dans la même catégorie de gravité qu’Ebola.
- La transmission se fait principalement par contact étroit avec des animaux infectés (porcs) ou des personnes malades.
- L’Organisation mondiale de la santé (OMS) travaille au développement de vaccins contre ce virus potentiellement dangereux.
Le virus Nipah est un agent pathogène qui circule naturellement chez les chauves-souris frugivores d’Asie du Sud-Est. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces espèces de chauves-souris ne sont pas présentes en Europe, selon le professeur Steven Van Gucht. Ce virus a été identifié pour la première fois à la fin des années 1990, lors d’une épidémie en Malaisie.
La transmission du virus Nipah est complexe. Il peut passer des chauves-souris aux porcs, puis des porcs aux humains. Il est également possible, bien que moins fréquent, qu’il se propage directement d’une personne à une autre. « Si vous êtes infecté par le virus, c’est très dangereux », souligne le professeur Van Gucht, mais il précise que sa contagiosité interhumaine est relativement faible. Un contact étroit et prolongé avec un patient est généralement nécessaire pour contracter l’infection, comme cela peut arriver à du personnel soignant insuffisamment protégé.
La gravité de l’infection à Nipah est préoccupante. Environ 60 % des personnes infectées succombent à la maladie, ce qui place le virus dans la même catégorie de dangerosité qu’Ebola. Cependant, les épidémies restent généralement localisées, se limitant par exemple à des hôpitaux ou à des familles. « Nous n’avons pas encore observé de propagation importante et à long terme du virus Nipah entre les personnes », explique le professeur Van Gucht.
La communauté scientifique internationale suit de près l’évolution du virus Nipah. La principale inquiétude réside dans la possibilité de mutations qui pourraient augmenter sa contagiosité. « Le souci est bien sûr que le virus Nipah pourrait s’adapter et développer certaines mutations, rendant le virus plus contagieux entre les personnes », avertit le professeur Van Gucht. Dans un tel scénario, une épidémie, voire une pandémie, pourrait se développer.
C’est pourquoi l’OMS a inscrit le virus Nipah sur sa liste de priorités pour le développement de vaccins. L’objectif est d’être préparé en cas d’émergence d’une menace plus importante. « De cette manière, en cas d’épidémie, un vaccin peut être déployé plus rapidement », explique le professeur Van Gucht.
Récemment, une épidémie de virus Nipah a été signalée en Inde, suscitant des inquiétudes dans les médias. Cependant, le professeur Van Gucht relativise : « L’épidémie en Inde, qui a récemment été largement couverte par la presse avec des titres parfois assez inquiétants, était en fait une petite épidémie parmi une longue série d’épidémies ces dernières années. » Il souligne l’efficacité de la réponse du gouvernement indien, qui a immédiatement isolé les patients infectés et procédé à des tests de dépistage auprès de plus d’une centaine de contacts. Aucun cas supplémentaire n’a été détecté.
« Le fait que les résultats des personnes testées dans l’environnement de ces deux personnes infectées aient été tous négatifs confirme que ce virus est encore très peu contagieux et nous rassure donc en ce sens sur l’état actuel du virus Nipah. »
Steven Van Gucht, professeur