Publié le 17 février 2026 10h37. L’obésité, déjà reconnue comme un facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires et le diabète, est désormais clairement associée à une vulnérabilité accrue face aux infections graves, voire mortelles. Une vaste étude internationale révèle que près d’un décès lié à une infection sur dix pourrait être évitable en luttant contre le surpoids.
- L’obésité augmente significativement le risque d’infections bactériennes, virales, parasitaires et fongiques.
- Les personnes obèses de classe III (IMC ≥ 40) présentent un risque trois fois plus élevé d’hospitalisation ou de décès suite à une infection.
- La proportion de décès liés à l’infection imputables à l’obésité a augmenté pendant la pandémie de COVID-19 et reste élevée.
Une analyse approfondie, basée sur les données de plus d’un demi-million de participants en Finlande et au Royaume-Uni, confirme un lien étroit entre l’obésité et la sévérité des infections. Les chercheurs ont combiné les données de deux études de cohorte finlandaises et de la biobanque britannique, suivant l’évolution des participants sur plusieurs années et enregistrant les hospitalisations et les décès liés à des infections.
L’étude démontre que, quel que soit l’âge, le sexe ou l’état de santé général, les personnes obèses présentent un risque accru d’infection. Même une obésité modérée (IMC de 30 kg/m² ou plus) est associée à une augmentation de 70 % du risque d’infection grave ou mortelle. Ce constat s’applique à un large éventail d’agents pathogènes, des infections courantes comme la grippe aux affections plus rares.
Les estimations de la charge mondiale de l’obésité sur les décès liés aux infections sont alarmantes. Avant 2018, l’obésité était responsable d’environ 8,6 % de ces décès. Ce chiffre a grimpé à 15 % en 2021, au plus fort de la pandémie de COVID-19, et se stabilise actuellement à 10,8 % en 2023. Ces données suggèrent que la pandémie a exacerbé l’impact de l’obésité sur la vulnérabilité aux infections.
Les résultats de cette étude soulignent l’importance d’intégrer la prévention de l’obésité dans les stratégies de santé publique, non seulement pour réduire les risques métaboliques et cardiovasculaires, mais aussi pour renforcer la résistance aux infections. Pour les professionnels de santé, cela justifie de proposer des interventions de gestion du poids comme un élément essentiel de la prévention des infections.
Référence
Nyberg ST et coll. Obésité chez l’adulte et risque d’infections graves : une étude multicohorte avec des estimations de la charge mondiale. The Lancet. 2026 ; DOI : 10.1016/S0140-6736(25)02474-2.