Publié le 21 février 2024. Si les vitamines sont essentielles à notre organisme et souvent perçues comme bénéfiques pour la santé, une consommation excessive, notamment via des compléments alimentaires, peut paradoxalement augmenter le risque de certains cancers.
- Une étude de 2019 a établi un lien entre des doses élevées de vitamine B12 et un risque accru de cancer du poumon.
- La Société allemande contre le cancer déconseille l’automédication vitaminique et recommande un bilan médical avant toute supplémentation.
- Des recherches suggèrent que certaines vitamines, en excès, pourraient favoriser la croissance tumorale en alimentant les vaisseaux sanguins des cellules cancéreuses.
Longtemps vantées pour leurs vertus préventives, notamment contre le cancer, les vitamines sont désormais scrutées à la loupe. Si une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes, est unanimement reconnue comme un atout pour la santé, l’apport massif de vitamines via des compléments alimentaires pourrait s’avérer contre-productif. Selon le Centre allemand de recherche sur le cancer, un apport quotidien suffisant en vitamine D pourrait réduire la mortalité par cancer de 12 %, mais toutes les vitamines ne présentent pas le même profil bénéfique.
La Société allemande contre le cancer souligne que l’effet antioxydant de certaines vitamines, souvent mis en avant pour prévenir le cancer, n’est pas suffisamment prouvé. Les mécanismes d’action des antioxydants sur l’organisme restent encore mal connus. Une supplémentation vitaminique n’est donc justifiée que dans des cas spécifiques, tels que la grossesse ou certaines pathologies affectant l’absorption des nutriments, comme la vitamine D ou le calcium.
Une étude publiée en 2019 a mis en évidence un risque accru de cancer du poumon lié à des doses trop importantes de vitamine B12. La Société allemande contre le cancer précise que la vitamine B12 en elle-même ne provoque pas le cancer, mais qu’elle peut accélérer la croissance des cellules cancéreuses existantes. Il est donc crucial de déterminer son taux sérique de vitamine B12 avant d’envisager une supplémentation et de consulter un médecin. Les effets de la vitamine B12 font encore l’objet de recherches approfondies. L’étude du Journal of Clinical Investigation de 2023 confirme cette tendance, suggérant que la prise de vitamines supplémentaires pourrait augmenter le risque de développer une tumeur maligne au niveau des poumons.
Les vitamines A, C et E, également connues sous le nom d’antioxydants, pourraient également être impliquées. Elles sont essentielles à la santé de la peau, des dents, des gencives, des os et des vaisseaux sanguins, mais elles activent également un mécanisme qui peut favoriser le développement des cellules cancéreuses. Selon les recherches, les tumeurs cancéreuses forment de nouveaux vaisseaux sanguins grâce aux vitamines, ce qui leur permet de se nourrir et de croître plus rapidement. Les antioxydants présents dans les fruits et légumes ne posent pas de problème, mais il est préférable d’éviter les compléments alimentaires tels que les pilules, les gouttes ou les boissons vitaminées, surtout face aux promesses marketing souvent trompeuses de nombreux fabricants.