Publié le 24 février 2026 à 14h37. À l’approche de la Journée mondiale contre le VPH le 4 mars, les sociétés allemande de dermatologie et de maladies sexuellement transmissibles rappellent l’importance de la vaccination, qui protège non seulement contre certains cancers, mais aussi contre les verrues génitales, une infection sexuellement transmissible très courante.
La vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) est recommandée pour les filles et les garçons dès l’âge de 9 ans, idéalement avant le début de leur vie sexuelle. C’est le meilleur moyen de se protéger contre ce virus très répandu, transmis par contact sexuel.
À l’occasion de la Journée mondiale contre le VPH, la Société allemande de dermatologie (DDG) et la Société allemande des maladies sexuellement transmissibles (DSTIG) mettent en lumière la prévalence des verrues génitales et soulignent l’efficacité de la vaccination. Celle-ci prévient non seulement les cancers du col de l’utérus, de l’anus et de la gorge, mais aussi ces verrues génitales, souvent source de désagrément.
Les médecins insistent sur le fait que la vaccination contre le VPH est une mesure de prévention essentielle, souvent abordée en termes de protection contre les lésions précancéreuses. Cependant, le professeur Norbert Brockmeyer, dermatologue et président de la DSTIG, explique :
« Il est important de parler de protection contre les types de VPH connus pour être cancérigènes. Mais les virus sont également responsables du développement de verrues telles que les verrues génitales. »
Professeur Norbert Brockmeyer, dermatologue et président de la Société allemande des maladies sexuellement transmissibles (DSTIG)
Ces verrues, également appelées condylomes acuminés, sont les maladies sexuellement transmissibles les plus courantes au monde. 90 % d’entre elles sont causées par les types de VPH 6 et 11, considérés comme à faible risque, tandis que d’autres types sont associés à des cancers.
La transmission du VPH se fait par contact peau à peau dans la région génitale ou de la gorge. Les préservatifs offrent une protection limitée, car les virus peuvent se transmettre par des zones cutanées non couvertes. En Allemagne, il n’existe pas de déclaration obligatoire des cas de VPH, ce qui rend difficile l’évaluation précise de sa prévalence. Cependant, en se basant sur des données européennes, on estime que les verrues génitales peuvent être détectées chez environ 1 à 2 % des adultes sexuellement actifs âgés de 15 à 49 ans, et ce chiffre pourrait atteindre 5 % en tenant compte des infections subcliniques.
Bien que les verrues génitales puissent disparaître spontanément dans 25 à 67 % des cas, un traitement est souvent nécessaire. Ce traitement peut être long et pénible pour les patients, incluant la cryothérapie (azote liquide), l’ablation au laser ou des médicaments comme l’imiquimod, un immunomodulateur. La professeure Silke Hofmann, directrice du centre de dermatologie, d’allergologie et de dermatochirurgie de l’hôpital universitaire HELIOS de Wuppertal et porte-parole de la DDG, précise :
« La thérapie avec un tel agent thérapeutique local est très efficace, mais demande de la patience et de la persévérance : la crème doit être appliquée plusieurs fois par semaine pendant plusieurs semaines. »
Professeure Dr. med. Silke Hofmann, directrice du centre de dermatologie, d’allergologie et de dermatochirurgie de l’hôpital universitaire HELIOS de Wuppertal et représentante des relations publiques de la Société allemande de dermatologie (DDG)
Le taux de guérison avec l’imiquimod se situe entre 16 et 50 %, d’où l’intérêt de combiner différentes approches thérapeutiques.
Les vaccins contre le VPH sont disponibles en Allemagne depuis 20 ans. Initialement axés sur les types de VPH responsables des cancers, ils ont permis une réduction significative de l’incidence de ces maladies. L’un des vaccins disponibles, Gardasil9, protège également contre les types 6 et 11, responsables de la majorité des verrues génitales.
Une étude suédoise récente (Astorga et al., 2025) a démontré l’impact de la vaccination sur l’incidence des verrues génitales. L’introduction de la vaccination en Suède en 2006 a entraîné une diminution du nombre de nouveaux cas, particulièrement chez les femmes de moins de 30 ans. En 2016-2018, l’incidence a diminué de 89 % chez les 15-19 ans, de 73 % chez les 20-24 ans, de 50 % chez les 25-29 ans et de 20 % chez les 30-34 ans. Des tendances similaires ont été observées chez les hommes, mais dans une moindre mesure.
La Commission permanente de vaccination de l’Institut Robert Koch recommande la vaccination de tous les filles et garçons âgés de 9 à 14 ans. Le professeur Brockmeyer souligne :
« Les études montrent que l’efficacité la plus élevée se produit lorsque les personnes vaccinées sont naïves au VPH au moment de la vaccination. »
Il est donc préférable de vacciner les enfants avant leur premier contact sexuel.
En Allemagne, la vaccination contre le VPH est recommandée depuis 2007, d’abord pour les filles, puis pour les garçons depuis 2018. Cependant, les taux de vaccination restent faibles : environ 50 % des filles et 33 % des garçons sont entièrement vaccinés. Le professeur Brockmeyer déplore : « C’est absolument insatisfaisant pour un pays d’Europe centrale. »
La DDG et la DSTIG appellent à une meilleure sensibilisation et à une augmentation des taux de vaccination, soulignant que chaque consultation médicale est une occasion de proposer la vaccination contre le VPH.
Références :
Osmani V, Klug SJ. Vaccination contre le VPH pour la prévention des verrues génitales et des lésions précancéreuses – preuves et évaluation. Feuille fédérale de la santé Recherche en santé Protection de la santé. 2021 mai ;64(5):590-599. DOI: 10.1007/s00103-021-03316-x.
Astorga Alsina AM, Herweijer E, Lei J. Impact au niveau de la population de la vaccination contre le virus du papillome humain sur l’incidence des verrues génitales en Suède. J Infecter Dis. 30 juillet 2025;232(1):e54-e63. DOI: 10.1093/infdis/jiaf052.
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À propos de la Journée mondiale contre le VPH :
La Journée mondiale contre le VPH (Journée internationale de sensibilisation au VPH) a été lancée en 2018 par l’International Papillomavirus Society (IPVS) et se déroule chaque année le 4 mars. Elle vise à sensibiliser le public au VPH, à améliorer la compréhension de cette infection et à prévenir les cancers qu’elle peut causer.
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