Publié le 25 février 2026 21:02:00. Une gargouille à l’effigie d’un âne, sculptée au XVIIIe siècle sur la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, a frappé les internautes par sa ressemblance troublante avec le personnage de L’Âne du film d’animation Shrek.
La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, célèbre pour son architecture gothique et son bestiaire sculpté, abrite une figure particulière qui ne passe pas inaperçue. Sur la façade sud de l’édifice, une gargouille représentant un âne, datant de 1772 à 1778, a suscité l’étonnement des visiteurs et des internautes, qui y voient un air de famille frappant avec L’Âne, le célèbre personnage du film Shrek.
Cette sculpture, avec ses dents proéminentes, son regard espiègle et ses grandes oreilles, rappelle étrangement le compagnon de l’ogre vert. Si certains ont cru que la gargouille avait pu servir de modèle pour le personnage d’animation, il semblerait que l’inspiration première de L’Âne provienne d’un âne bien réel, Perry, un petit âne californien décédé en janvier 2025.
La gargouille, œuvre de l’architecte Jean-Laurent Goetz durant la construction des galeries Goetz, s’inscrit dans une tradition médiévale bien précise. Selon Jean-Paul Lingelser, président honoraire des Amis de la cathédrale de Strasbourg, « Celle qui nous intéresse est en réalité une gargouille factice ». Il précise que « Les véritables gargouilles évacuent l’eau de pluie », tandis que les sculptures ne remplissant pas cette fonction, comme cet âne, ont pour but de représenter des figures maléfiques.
La symbolique de l’âne en Alsace
L’âne, animal rare en Alsace, comme le souligne Suzanne Braun dans son ouvrage Du coq à l’âne : un bestiaire dans la ville, symbolisait dans la tradition médiévale tantôt « la paresse et l’aveuglement », tantôt la « dérision, la stupidité et l’égarement ». L’animal est représenté à plusieurs reprises dans la cathédrale, notamment sur une gargouille extérieure de la coursive du petit étage de la haute tour, sur un vitrail de la chapelle Saint-Laurent, sur un vitrail du bas-côté sud et sur un des vantaux de la porte latérale.
Avec ses yeux globuleux, son front proéminent, ses cornes diaboliques, sa bouche moqueuse et sa coiffe rococo, la gargouille ne manque pas d’effrayer. Au Moyen Âge, l’objectif était de susciter la crainte de l’enfer et de rappeler l’importance des forces démoniaques. Ces créatures servaient également à éloigner les mauvais esprits de l’intérieur du monument, un imaginaire bien différent de celui associé à l’âne attachant du royaume de Fort Fort Lointain.
Les amateurs sont invités à découvrir cette sculpture originale en se promenant autour de Notre-Dame, en attendant la sortie du cinquième volet du film Shrek, prévue pour le 1er juillet 2026.