Publié le 2025-11-01 12:14:00. L’archipel norvégien du Svalbard, situé dans la mer de Barents, impose des règles drastiques interdisant les naissances et les décès sur son territoire. Cette politique singulière vise à préserver l’environnement fragile et la santé de ses habitants, malgré les défis logistiques.
- Les résidents du Svalbard, lors de leur 36ème semaine de grossesse ou à l’approche de leur fin de vie, sont systématiquement transférés vers la Norvège continentale.
- L’île ne dispose pas d’infrastructures médicales adaptées aux accouchements complexes ou aux soins palliatifs, ni de cimetière permanent.
- Ces restrictions contribuent à la protection de l’écosystème local et à la limitation de la pollution des sols.
Surnommé « l’île de la dépression » en raison de ses longs hivers obscurs, le Svalbard est un territoire unique régi par le Traité de 1920. Celui-ci accorde à la Norvège une souveraineté complète sur l’archipel, tout en y ajoutant des dispositions et des limitations spécifiques. La vie y est rythmée par la présence de scientifiques, de mineurs et de touristes, formant une communauté d’environ 2 500 âmes dans sa principale agglomération, Longyearbyen.
Le manque d’installations médicales sur l’île est une réalité. « Nous avons une clinique de base, mais nous manquons de ressources pour les accouchements complexes ou les soins de fin de vie », explique un médecin local. « Les patients sont immédiatement acheminés par avion. » Cette situation concerne aussi bien les futures mères que les personnes âgées. Il n’existe ni hôpital ni cimetière sur l’archipel. Ainsi, les femmes enceintes à partir de la 36ème semaine de gestation, ainsi que les personnes en fin de vie, sont transférées vers Tromsø, en Norvège continentale. Aucune exception n’a jamais été faite, comme en témoignent des incidents récents : en 2017, une femme a tenté d’accoucher sur place mais a été évacuée, et en 2023, une personne âgée en fin de vie a également été transférée par avion.
Ces mesures, outre les impératifs sanitaires, garantissent également la protection de l’écosystème extrêmement fragile du Svalbard. La raréfaction des vols durant la période hivernale renforce la nécessité de ces précautions. L’isolement géographique de l’archipel limite par ailleurs de nombreuses activités humaines, telles que la possession d’animaux de compagnie ou l’utilisation de sacs en plastique.
Au-delà de son activité minière, le Svalbard est mondialement reconnu pour abriter la Réserve mondiale de semences, surnommée « l’Arche du Jugement Dernier ». Cette installation de stockage unique a été conçue pour préserver la diversité génétique des cultures mondiales, servant de sauvegarde aux banques de gènes face aux catastrophes naturelles et aux effets du changement climatique. L’absence de nouveaux cimetières, alors que le territoire compte près de 1 000 tombes, contribue également à limiter la pollution des sols. Ces préoccupations environnementales, conjuguées à l’insuffisance des infrastructures médicales, expliquent la mise en place de réglementations strictes concernant les naissances et les décès sur l’archipel.