Publié le 14 février 2024. La ministre de l’Éducation, Samantha Bonet Tirao, a annoncé la résolution des problèmes liés au transport scolaire à Moorea et esquissé les contours d’une réforme du calendrier scolaire en Polynésie française, axée sur l’adaptation aux conditions climatiques.
- Les difficultés de transport scolaire à Moorea sont résolues et des solutions pérennes sont en cours de confirmation.
- Une modification du calendrier scolaire est envisagée pour raccourcir les périodes scolaires pendant les fortes chaleurs, notamment aux Tuamotu.
- Une nouvelle charte de l’éducation est en cours de rédaction, avec une attention particulière portée à la valorisation des langues polynésiennes.
Après une première réunion de travail consacrée au transport scolaire à Moorea, Samantha Bonet Tirao a fait état de progrès significatifs. « Nous avons fait un point avec les services de la DGEE, que je tiens d’ailleurs à remercier pour le travail accompli jusque là. Nous avons fait un point sur les travaux qui ont été lancés jusque là. Les travaux sont terminés. Il y a eu des solutions trouvées. Maintenant, j’attends quelques confirmations parce que je souhaite que ces solutions durent. », a-t-elle déclaré. La ministre a confirmé que des bus seront disponibles pour le transport des élèves à la rentrée.
Concernant le calendrier scolaire, la ministre a précisé qu’une adaptation aux saisons est à l’étude. L’objectif est de réduire la durée des classes pendant les périodes de forte chaleur, en particulier dans les archipels les plus exposés, et d’allonger les vacances scolaires en conséquence. « Oui, elle aura lieu en août. Il ne s’agit pas de décaler complètement la rentrée et surtout pas de copier-coller comme il existe dans d’autres régions du monde. L’idée en fait, de cette modification de calendrier, était de raccourcir pendant les saisons chaudes les périodes scolaires, et d’augmenter le temps de vacances. Parce qu’en classe effectivement, notamment aux Tuamotu par exemple, il fait très chaud. Donc l’idée était de rallonger, encore une fois, des temps scolaires pendant les saisons plus fraîches. », a-t-elle expliqué.
La ministre a toutefois insisté sur le fait que le calendrier scolaire conservera sa structure actuelle, de août à fin juin, et ne sera pas calqué sur le modèle calédonien. « Non, pas du tout, on n’est pas du tout dans cette optique, nous restons aussi sur nos réalités locales. »
Interrogée sur la possibilité d’équiper les établissements scolaires de systèmes de climatisation ou d’améliorer la ventilation naturelle, Samantha Bonet Tirao a reconnu que des actions sont déjà entreprises, notamment dans le premier degré grâce à l’accompagnement de certaines communes. Pour le second degré, elle a souligné la nécessité de faire des choix et de prioriser les travaux les plus urgents. « Oui, mais il faut faire des priorités. Il y a des priorités, il y a des établissements qui nécessitent des travaux, il faut des travaux. À un moment donné, je ne dis pas que mettre des climatiseurs ne sont pas des priorités, mais il faut faire des choix. »
Enfin, la ministre a évoqué l’avancement de la nouvelle charte de l’éducation, un projet qu’elle porte depuis plusieurs mois. Cette charte, actuellement en cours de rédaction, sera soumise au comité de pilotage et fera l’objet d’une consultation auprès des acteurs de terrain afin de s’assurer qu’elle répond à leurs besoins et préoccupations. « Alors elle est en cours de rédaction et ensuite, après cette rédaction en fait, il faudra la soumettre au comité de pilotage, mais aussi faire un retour au terrain pour voir effectivement si nous avons bien pris en compte leurs demandes, leurs préoccupations et leurs incontournables. Avant que cela passe dans le circuit habituel. Néanmoins, il me faut aussi également finir le bilan de la charte actuelle pour expliquer au grand public pourquoi est-ce que l’on change, pourquoi est-ce qu’on prend un nouveau cas. Il y a eu des choses qui ont fonctionné, les choses ont évolué et donc il faut faire évoluer le système éducatif. »
Samantha Bonet Tirao a également affirmé sa volonté de poursuivre les efforts en matière de valorisation des langues et cultures polynésiennes, notamment en étendant la formation des enseignants au-delà du tahitien pour inclure les autres langues parlées en Polynésie française. « Les langues et cultures polynésiennes, c’est un des exemples. Une formation des enseignants existe déjà dans le premier degré. Elle est déployée pour l’enseignement du tahitien. Maintenant, il faut l’ouvrir aux autres langues polynésiennes puisque dans toutes nos écoles en Polynésie française, un archipel, une langue, et pour valoriser toutes les langues, c’est donc indispensable. Donc ça, c’est un projet que je poursuis, avec une mise en place pour la politique linguistique familiale qui est nécessaire, parce que l’école ne peut pas tout faire. C’est un projet sociétal. Alors, on va embarquer un maximum de personnes. »