Publié le 26 février 2024 16:56:00. Une étude suédoise révèle qu’un traitement précoce à l’hydrocortisone améliore significativement les chances de survie des bébés extrêmement prématurés, tout en réduisant le risque de développer une maladie pulmonaire chronique.
- L’administration d’hydrocortisone dès les premiers jours de vie chez les bébés nés avant la 28e semaine de grossesse est associée à une meilleure survie sans dysplasie broncho-pulmonaire (DBP).
- L’étude confirme la sécurité de ce traitement, sans augmentation significative des effets secondaires néonatals graves.
- Les résultats s’appuient sur l’analyse de données issues du registre national néonatal suédois, comparant des cohortes de bébés traités et non traités.
Plus de la moitié des enfants nés extrêmement prématurés, c’est-à-dire avant la 28e semaine de gestation, développent une maladie pulmonaire, connue sous le nom de dysplasie broncho-pulmonaire (DBP). Cette affection, souvent persistante, est due à l’immaturité des poumons de ces nourrissons et peut entraîner des complications respiratoires à long terme, affectant leur qualité de vie.
L’inflammation joue un rôle crucial dans le développement de la DBP. L’hormone cortisone, qui possède des propriétés anti-inflammatoires, pourrait aider à protéger les poumons fragiles des bébés prématurés. Cependant, ces nourrissons ont souvent une capacité limitée à produire suffisamment de cortisone naturellement. Des recherches antérieures avaient suggéré un bénéfice potentiel d’un traitement préventif à l’hydrocortisone, mais des inquiétudes subsistaient quant à ses effets secondaires.
En Suède, la prise en charge de ces bébés a varié selon les régions. Certaines ont mis en place des protocoles de traitement à l’hydrocortisone dès le premier jour de vie, tandis que d’autres ont préféré une approche plus prudente. Cette disparité a créé une situation unique, permettant aux chercheurs de mener une étude observationnelle comparative.
« Cela a conduit à une sorte d’expérience naturelle en Suède, où certains bébés extrêmement prématurés ont été traités et d’autres non. Nous en avons profité dans notre étude où nous avons examiné le fonctionnement de ce traitement dans des soins réels en Suède. »
Ulrika Ådén, professeure de médecine pédiatrique à l’université de Linköping et au Karolinska Institutet et médecin-chef en néonatalogie
L’équipe de recherche a analysé les données du registre national néonatal, comparant 474 enfants ayant reçu de l’hydrocortisone à 632 enfants nés dans les mêmes régions avant l’introduction du traitement, ainsi qu’à des cohortes issues de régions ne proposant pas cette thérapie. Tous les enfants inclus dans l’étude étaient nés entre 22 et 27 semaines de gestation entre 2018 et 2023.
Les résultats de l’étude sont encourageants. Ils démontrent que le traitement précoce à l’hydrocortisone est associé à une augmentation des chances de survie sans développer de maladie pulmonaire. De plus, il n’a pas été observé d’augmentation du risque d’effets secondaires graves pendant la période néonatale.
« Notre étude montre que si les enfants extrêmement prématurés reçoivent ce traitement tôt dans leur vie, les chances de survie sans maladie pulmonaire augmentent. Le traitement à l’hydrocortisone est sûr et n’augmente pas le risque d’effets secondaires graves pendant la période néonatale. »
Veronica Smedbäck, doctorante à l’université de Linköping et médecin AT à l’hôpital du comté de Ryhov
La DBP peut avoir des conséquences à long terme sur la santé des enfants, augmentant leur susceptibilité aux infections et nécessitant des hospitalisations plus fréquentes pendant l’enfance. Elle peut également affecter la prise de poids et le développement cérébral. Les chercheurs estiment que la prévention de cette maladie pourrait avoir un impact significatif, tant pour les enfants et leurs familles que pour la société, en réduisant le besoin de soins de santé à long terme.
Les chercheurs étudient actuellement les effets à long terme du traitement à l’hydrocortisone, en particulier son impact sur le développement cérébral. Des études préliminaires suggèrent un effet positif, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats. L’étude a été financée par la fondation Joanna Cocozza pour la recherche médicale pédiatrique et par les fonds de la FAL par l’intermédiaire de la région d’Östergötland.
Article original dans JAMA Network Open