Un regain de confiance dans les monnaies liées aux matières premières, comme l’australien, le néo-zélandais et le norvégien, signale un changement de perception sur les marchés financiers : la fin de l’ère des baisses de taux d’intérêt et une inquiétude croissante concernant la santé économique et politique des États-Unis.
L’Australie est en première ligne de ce mouvement. La Banque de réserve d’Australie (RBA) a déjà commencé à relever ses taux, et les données économiques ne l’incitent pas à ralentir. L’inflation est remontée à 3,4 % sur un an en janvier, un niveau qui préoccupe les banquiers centraux. De plus, le secteur immobilier australien ne montre pas de signes de ralentissement significatif, et les mesures de soutien budgétaire continuent de stimuler la demande. Les taux d’intérêt australiens dépassent désormais ceux des États-Unis pour la première fois depuis 2017, ce qui modifie les flux de capitaux.
La Nouvelle-Zélande suit le même chemin, les investisseurs anticipant une attitude plus ferme de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ). La Norvège, quant à elle, est également concernée par une hausse inattendue de l’inflation, ce qui incite le marché à reconsidérer même une faible probabilité de nouvelles hausses de taux.
Ce changement de sentiment n’est pas uniquement lié à l’inflation. Les prix des matières premières, notamment le pétrole, le gaz et les minerais, se sont redressés ces derniers mois, soutenant les économies exportatrices. Cependant, la véritable raison de ce mouvement est une réévaluation du coût de l’argent et une inquiétude croissante concernant la situation politique et la dette américaine.
Les investisseurs se tournent vers les monnaies considérées comme plus stables et les économies dotées de finances publiques saines. L’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège semblent répondre à ces critères, ce qui explique leur récente performance positive. Il ne s’agit pas d’un engouement soudain pour les kangourous ou les fjords, mais d’une reconnaissance des fondamentaux économiques solides de ces pays.
Les marchés restent attentifs à la situation aux États-Unis. La volatilité politique et la trajectoire de la dette américaine suscitent des inquiétudes, et les investisseurs recherchent des alternatives plus sûres. Le marché ne se contente plus de considérer les baisses de taux comme une certitude, et cette incertitude favorise les monnaies liées aux matières premières.