Publié le 25 février 2026 à 06h50. De plus en plus de Néerlandais utilisent leur climatisation pour se chauffer, une tendance qui inquiète quant à la capacité du réseau électrique à supporter cette charge supplémentaire, selon une étude de l’organisation de recherche TNO.
- Plus de quatre Néerlandais sur cinq équipés d’une climatisation l’utilisent également pour le chauffage.
- Cette pratique pourrait mettre à rude épreuve le réseau électrique, déjà fortement sollicité.
- La durabilité de la climatisation comme système de chauffage au quotidien reste à évaluer.
L’utilisation de la climatisation pour le chauffage est en plein essor aux Pays-Bas. Une enquête menée par l’organisation de recherche TNO révèle que plus de 80 % des foyers disposant d’un climatiseur l’utilisent également pour chauffer leur logement. Cette popularité croissante soulève des questions quant à l’impact sur le réseau électrique et à la durabilité de cette pratique.
« Cela apporte plus de confort dans la maison », explique Michiel Sebregts, propriétaire de quatre climatiseurs. « L’été, on rafraîchit, et l’avantage c’est qu’on peut aussi chauffer. » Il a installé ces appareils en même temps que des travaux de rénovation énergétique, comprenant une meilleure isolation, du double vitrage et des panneaux solaires.
Selon Renee Kooger, chercheuse chez TNO, les utilisateurs apprécient la rapidité et l’efficacité du chauffage par climatisation. Cependant, des inconvénients sont également signalés, tels que le refroidissement rapide des pièces et l’assèchement de l’air. « Parfois, les gens se plaignent également du bruit », ajoute-t-elle.
Alors que les Pays-Bas s’éloignent progressivement du gaz naturel, la climatisation est perçue par certains comme une alternative viable. Cette tendance s’est accélérée après l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la forte augmentation des prix du gaz, incitant les habitants à rechercher des solutions pour réduire leur consommation de gaz naturel. Les scénarios de Netbeheer Nederland, l’organisation professionnelle des gestionnaires de réseaux, prennent en compte cette évolution.
Thom Hofstede, porte-parole de Stedin, un gestionnaire de réseau, souligne que les entreprises de distribution d’électricité n’ont pas de visibilité sur le nombre de climatiseurs installés et leur utilisation.
« En tant qu’exploitant de réseau, nous n’avons aucune idée de la propriété et de l’utilisation des climatiseurs dans notre région. »
Thom Hofstede, porte-parole de Stedin
TNO met en garde contre une surcharge potentielle du réseau électrique, en particulier pendant les heures de pointe, lorsque la demande d’électricité est déjà élevée. L’organisation recommande d’encourager les utilisateurs à répartir leur consommation d’énergie et à éviter les pics de puissance, par exemple en programmant l’utilisation de la climatisation pendant les heures creuses.
Par ailleurs, TNO souligne la nécessité d’évaluer plus précisément la durabilité de la climatisation comme système de chauffage. Bien que les utilisateurs puissent bénéficier d’une source d’énergie renouvelable grâce à des panneaux solaires, il est important de comparer l’impact environnemental global de la climatisation avec celui des chaudières au gaz naturel. « Il faut examiner différents types de personnes qui chauffent avec un climatiseur pendant une période plus longue et les comparer avec un groupe équipé d’une chaudière de chauffage central au gaz. Cette comparaison n’existe pas, mais nous aimerions la faire », explique Renee Kooger.
Selon les estimations de TNO, 18 % des logements néerlandais sont équipés d’une climatisation fixe. Environ 250 000 climatiseurs fixes sont installés chaque année aux Pays-Bas, selon Statistics Nederland.