Publié le 2025-11-08 10:05:00. Face aux exigences de la loi sur les marchés numériques (DMA) de l’Union européenne, Apple s’apprête à désactiver une fonctionnalité de synchronisation Wi-Fi entre l’iPhone et l’Apple Watch, affectant la connexion automatique aux réseaux Wi-Fi. Cette décision intervient à l’approche d’une échéance fixée par la Commission européenne.
- Apple désactive la synchronisation automatique des réseaux Wi-Fi entre iPhone et Apple Watch en Europe.
- Cette mesure répond aux injonctions de la Commission européenne dans le cadre de la loi sur les marchés numériques (DMA).
- Les utilisateurs devront saisir manuellement les mots de passe Wi-Fi sur leur montre connectée en l’absence de leur iPhone.
La Commission européenne avait demandé fin 2024 à Apple de mettre en œuvre des mesures pour se conformer au Digital Markets Act (DMA). Parmi les points soulevés figurait la synchronisation automatique des réseaux Wi-Fi entre l’iPhone et l’Apple Watch. Cette fonctionnalité permet aux appareils connectés d’accéder aux informations sur l’infrastructure Wi-Fi locale stockées sur l’iPhone, facilitant ainsi une connexion sans fil fluide et sans que l’utilisateur ait à saisir le mot de passe sur chaque appareil.
« La fonction de la connexion WiFi automatique est de permettre aux appareils physiques connectés à Apple d’accéder et d’utiliser les informations sur l’infrastructure WiFi locale stockées sur l’appareil iOS. Cela leur permet de se connecter à ces réseaux facilement et sans friction. Un appareil iOS transmet ces informations aux appareils physiques connectés à Apple – tels que l’Apple Watch – qui utilisent ces données pour établir une connexion Wi-Fi d’infrastructure locale. Cela signifie que l’appareil connecté n’a pas besoin de rechercher les WLAN disponibles, ni que l’utilisateur n’a besoin de sélectionner un réseau sur cet appareil ou de saisir le mot de passe WLAN. »
« Apple doit mettre en œuvre une solution d’interopérabilité qui offre aux tiers le même accès à la fonctionnalité de connexion Wi-Fi automatique décrite au paragraphe précédent que celui dont dispose Apple elle-même, sous une forme aussi efficace que la solution utilisée par Apple. »
« Apple doit mettre en œuvre les mesures ci-dessus dans la prochaine version majeure d’iOS – et en tout cas au plus tard fin 2025. »
DMA.100203 – Article 6, paragraphe 7, Fonctionnalités pour les appareils physiques connectés
Alors que l’échéance pour cette mise en conformité approche (fin 2025), Apple a opté pour une autre voie. L’entreprise a annoncé au média français Numéroma que les futures mises à jour iOS 17.2 et watchOS 10.2, prévues pour décembre 2025, marqueront la fin de cette synchronisation Wi-Fi automatique entre les iPhone et les Apple Watch en Europe. Concrètement, les possesseurs d’Apple Watch devront désormais entrer manuellement le mot de passe du réseau Wi-Fi souhaité sur leur montre, s’ils ne se trouvent pas à proximité de leur iPhone, au lieu de bénéficier de la synchronisation automatique.
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de réactions d’Apple face aux nouvelles réglementations européennes. Le 24 septembre 2025, Apple avait déjà alerté, dans un communiqué, sur les risques potentiels liés au partage de l’historique Wi-Fi d’un iPhone, évoquant la divulgation d’informations sensibles sur la localisation de l’utilisateur, comme la mention d’hôpitaux ou de cliniques. La Commission européenne, de son côté, avait rétorqué que les contrôleurs d’accès ne devaient pas décider des mesures de sécurité pour les données des utilisateurs, mais laisser ce choix à l’utilisateur, comparant cela à la gestion de l’accès à la caméra ou au microphone de l’iPhone.
La désactivation de la synchronisation Wi-Fi est une nouvelle illustration des ajustements apportés par Apple en réponse aux contraintes imposées par la loi sur les marchés numériques. Ces adaptations avaient déjà conduit, dès 2024, à l’ouverture de l’App Store à des boutiques d’applications alternatives et à l’intégration d’autres systèmes de paiement. Apple avait également rendu possible l’utilisation de navigateurs et de moteurs de recherche autres que ceux basés sur Webkit. L’entreprise continue toutefois de signaler que ces réglementations pourraient désavantager les utilisateurs européens.