Home Santé Arrêter de fumer, même à l’âge adulte, réduit la perte de mémoire et de langage chez les personnes âgées

Arrêter de fumer, même à l’âge adulte, réduit la perte de mémoire et de langage chez les personnes âgées

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Publié le 2025-10-14 15:18:00. Arrêter de fumer à un âge avancé ralentirait significativement le déclin cognitif, selon une étude internationale. Ces travaux, publiés dans *The Lancet: Healthy Longevity*, suggèrent que le renoncement au tabac, même après 50 ans, préserverait la mémoire et la fluidité verbale, retardant ainsi le vieillissement mental.

  • Arrêter de fumer réduit le déclin de la mémoire de 20 % et celui de la fluidité verbale de 50 %.
  • Les bénéfices cognitifs équivalent à un ralentissement du vieillissement mental de trois ans sur une période de six ans.
  • Ces avantages sont observés quel que soit l’âge auquel on arrête de fumer.

Une étude internationale de grande envergure, dirigée par des chercheurs du University College London (UCL), met en lumière les bénéfices de l’arrêt du tabac sur les fonctions cognitives chez les adultes. L’analyse, portant sur plus de 9 400 participants de 40 ans et plus répartis dans 12 pays, révèle que les anciens fumeurs connaissent une perte plus lente de leur mémoire et de leur fluidité verbale par rapport à ceux qui continuent de fumer.

Les chercheurs, sous la coordination du Dr Mikaela Bloomberg et du professeur Andrew Steptoe, ont analysé des données collectées entre 2002 et 2020. Ils ont comparé un groupe de 4 718 personnes ayant arrêté de fumer à un groupe témoin de fumeurs actifs, en veillant à ce que les profils soient similaires en termes d’âge, de sexe, d’éducation et de scores cognitifs initiaux. Les résultats montrent qu’au cours des six années précédant l’arrêt, les deux groupes présentaient une détérioration cognitive comparable. Cependant, dans les six années suivant l’arrêt, le groupe des ex-fumeurs a affiché un déclin nettement ralenti.

Concrètement, pour chaque année écoulée, les personnes ayant arrêté la cigarette ont vu leur mémoire se dégrader de trois à quatre mois de moins et leur fluidité verbale de six mois de moins que les fumeurs assidus. Ce qui est particulièrement encourageant, c’est que ces bénéfices ne dépendent pas de l’âge auquel on renonce au tabac, confirmant qu’il n’est jamais trop tard pour agir en faveur de sa santé cérébrale.

La méthodologie s’est appuyée sur des évaluations cognitives biennales sur une période de 18 ans, incluant des tests de mémoire épisodique et de fluidité verbale. Les participants provenaient d’Europe (dont la France), du Royaume-Uni et des États-Unis. Les analyses ont pris en compte des variables sociodémographiques et de santé, ainsi que le nombre de cigarettes consommées et d’autres conditions médicales, renforçant la fiabilité des conclusions.

Le tabagisme nuit à la santé du cerveau de plusieurs manières : il endommage les vaisseaux sanguins, favorise l’inflammation chronique et provoque un stress oxydatif, qui dégrade les cellules neuronales. En arrêtant de fumer, ces processus néfastes sont réduits, contribuant ainsi à préserver les fonctions cognitives. Un déclin cognitif ralenti est d’ailleurs associé à un risque plus faible de démence, une pathologie aux lourdes conséquences sanitaires à l’échelle mondiale.

« Notre étude suggère qu’arrêter de fumer peut aider les gens à maintenir une meilleure santé cognitive à long terme, même lorsque nous avons 50 ans ou plus au moment où nous arrêtons », a précisé le Dr Bloomberg. Le professeur Steptoe a ajouté : « Un déclin cognitif plus lent est associé à un risque plus faible de démence. Ces résultats renforcent les preuves suggérant que l’arrêt du tabac pourrait être une stratégie préventive contre la maladie. »

Malgré ces constats positifs, l’étude alerte sur le fait que moins de 10 % des tentatives sérieuses d’arrêt aboutissent à un succès sur le long terme, et que les personnes âgées sont moins enclines à essayer, bien qu’elles subissent de manière disproportionnée les méfaits du tabac. Les auteurs recommandent donc d’intégrer ces données dans les stratégies de santé publique de lutte contre le tabagisme, afin de motiver davantage ce groupe à s’engager dans un parcours d’arrêt.

Les auteurs reconnaissent toutefois certaines limites à leur étude observationnelle, qui ne permet pas d’établir une causalité absolue. Des différences non mesurées entre les groupes pourraient exister malgré les appariements rigoureux. De plus, l’échantillon était légèrement plus sain que la population générale exclue, ce qui pourrait nuancer la généralisation des résultats. Des recherches futures pourraient explorer plus en détail l’historique de tabagisme et les variations régionales.

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