Publié le 2025-10-27 09:07:00. Une nouvelle étude met en lumière le lien étroit entre le syndrome métabolique et une forme de rhumatisme psoriasique particulièrement résistante aux traitements. Ces découvertes suggèrent que les déséquilibres métaboliques pourraient aggraver la maladie et compromettre son efficacité thérapeutique.
Les personnes souffrant de rhumatisme psoriasique (RP) et présentant un syndrome métabolique auraient une probabilité significativement plus élevée de développer un phénotype de la maladie qualifié de « difficile à traiter » (D2T). Cette observation, issue d’une étude menée à Rome, suggère que la gestion des comorbidités métaboliques pourrait s’avérer cruciale pour améliorer la réponse aux traitements et l’évolution de la maladie.
L’étude transversale, menée auprès de 182 patients atteints de rhumatisme psoriasique à la Clinique de Rhumatologie de la Fondazione Policlinico Campus Bio-Medico de Rome, visait à quantifier l’influence du syndrome métabolique sur l’apparition de ce phénotype D2T. Les critères de classification du RP étaient respectés, tandis que le syndrome métabolique était diagnostiqué selon les normes du National Cholesterol Education Program Adult Treatment Panel III. Le phénotype D2T du RP a été défini en adaptant les critères EULAR pour la polyarthrite rhumatoïde (RA).
Les résultats révèlent que près de la moitié des patients (42,94 %) répondaient aux critères du syndrome métabolique. Parmi eux, le sous-groupe identifié comme D2T, composé de 66 patients, présentait une prévalence du syndrome métabolique alarmante de 81,8 %, contrastant fortement avec les 29,4 % observés dans le groupe non-D2T (p < 0,0001). Les analyses statistiques, notamment par régression logistique, ont confirmé une association robuste entre la présence d'un syndrome métabolique et le phénotype D2T du rhumatisme psoriasique, avec un odds ratio de 7,56 (p < 0,0001). Une analyse plus poussée des chemins causaux a également démontré que le syndrome métabolique est un prédicteur indépendant de ce phénotype D2T.
Ces conclusions poussent les auteurs à suggérer que la correction des dysfonctionnements métaboliques pourrait jouer un rôle déterminant dans l’optimisation des stratégies thérapeutiques pour les patients atteints de rhumatisme psoriasique, en particulier ceux présentant des caractéristiques D2T.
Source : Currado D, Trunfio F, Saracino F et al. Les patients atteints de rhumatisme psoriasique et d’un syndrome métabolique comorbide présentent un phénotype difficile à traiter : une autre mosaïque dans la définition d’un sous-ensemble de patients encore indéfini. RMD Open. 2025;11:e005717.