Publié le 2024-06-15 10:00:00. Des injections contre l’obésité, notamment celles de Novo Nordisk et Eli Lilly, sont désormais recommandées comme traitement de première intention. C’est l’une des conclusions d’une nouvelle directive de l’Association européenne pour la recherche sur l’obésité (EASO), publiée dans « Nature Medicine ».
- Le sémaglutide (Wegovy, Ozempic) et le tirzepatide (Zepbound, Mounjaro) révolutionnent la prise en charge de l’obésité.
- La directive propose des recommandations spécifiques selon les pathologies associées.
- Malgré leur coût, ces traitements sont jugés essentiels au vu des complications de l’obésité non traitée.
La recherche sur l’obésité fait un pas de géant : de nouvelles directives de l’Association européenne pour la recherche sur l’obésité (EASO) positionnent les injections à base de sémaglutide et de tirzepatide comme le traitement médicamenteux de référence. Ces principes actifs, respectivement commercialisés par Novo Nordisk sous les noms de Wegovy et Ozempic, et par Eli Lilly avec Zepbound et Mounjaro, démontrent une efficacité telle qu’ils devraient être privilégiés dans la quasi-totalité des cas où une perte de poids est nécessaire. Ces recommandations, publiées jeudi dans la revue scientifique « Nature Medicine », pourraient simplifier le parcours décisionnel des médecins face à l’obésité.
Andreea Ciudin, co-auteure de l’étude et médecin à l’hôpital universitaire Vall d’Abron de Barcelone, souligne l’impact de cette classe de médicaments, les agonistes du GLP-1. « Ils ont révolutionné le traitement de l’obésité et de ses complications », affirme-t-elle. La directive détaille également des pistes thérapeutiques ciblées : le tirzepatide est conseillé pour les patients souffrant d’apnée obstructive du sommeil, tandis que le sémaglutide est préféré en cas d’arthrose du genou ou de maladies cardiaques préexistantes. Il est rappelé que cette classe médicamenteuse a initialement été développée pour la prise en charge du diabète de type 2.
Les auteurs de la directive reconnaissent le coût élevé de ces traitements. Cependant, ils insistent sur la nécessité de considérer les « coûts de suivi du non-traitement de l’obésité », qui devraient « également être pris en compte dans la politique de santé et les décisions cliniques ». Ces directives de l’EASO n’ont pas de caractère contraignant pour les États membres. Néanmoins, elles font écho aux préoccupations émises par des médecins américains en juin dernier, qui avaient insisté sur le fait que le traitement par agonistes du GLP-1 devait impérativement s’accompagner de changements nutritionnels et d’un suivi du mode de vie. Ces professionnels avaient mis en garde contre les effets gastro-intestinaux potentiels, le risque de carences, la perte de masse musculaire et osseuse, ainsi que le coût élevé et le risque fréquent de reprise de poids après l’arrêt du traitement.
Face à l’évolution rapide des connaissances dans ce domaine, l’EASO prévoit de mettre régulièrement à jour ses recommandations thérapeutiques, comme l’a indiqué Volkan Yumuk, président de l’association.