Home Santé Au-delà de l’intestin : une nouvelle frontière dans le traitement du SCI en ciblant le cerveau

Au-delà de l’intestin : une nouvelle frontière dans le traitement du SCI en ciblant le cerveau

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Une nouvelle piste thérapeutique pourrait révolutionner la prise en charge du syndrome de l’intestin irritable (SII). Des chercheurs japonais ont identifié une classe de médicaments agissant sur le système nerveux central, ouvrant la voie à des traitements plus efficaces ciblant le stress, un facteur déclencheur majeur de ce trouble digestif chronique.

Le syndrome de l’intestin irritable, affection touchant environ un dixième de la population mondiale, se manifeste par des douleurs abdominales, des ballonnements, des gaz et des alternances de diarrhées et de constipation. Malheureusement, ses causes profondes demeurent largement méconnues, confinant les traitements actuels à la simple gestion des symptômes. Face à ce constat, une équipe de l’Université des sciences de Tokyo (TUS), menée par le professeur Akiyoshi Saitoh, explore depuis dix ans les mécanismes de cette pathologie.

Leurs travaux récents, publiés le 25 décembre 2024 dans le British Journal of Pharmacology, mettent en lumière le rôle des agonistes des récepteurs opioïdes delta (DOP). Ces molécules, en ciblant le système nerveux central plutôt que directement l’intestin, semblent prometteuses pour soulager les symptômes du SII.

L’un des axes centraux de cette recherche est la corrélation de plus en plus établie entre le SII et le stress psychologique. En 2022, le groupe du professeur Saitoh avait déjà développé un modèle animal pertinent : des souris soumises à un stress psychologique chronique indirect (par le biais d’une technique appelée « stress de défaite sociale chronique par procuration », ou cVSDS) avaient développé des symptômes similaires à ceux du SII à prédominance diarrhéique (SII-D). Ces souris présentaient une hyperactivité intestinale et une sensibilité accrue à la douleur abdominale, sans lésion physique apparente.

Forts de ce modèle, les scientifiques ont émis l’hypothèse que les récepteurs DOP, impliqués dans la régulation de la douleur et de l’humeur dans le cerveau, pourraient constituer une cible thérapeutique intéressante pour le SII induit par le stress. Diverses expériences ont été menées pour évaluer l’impact des agonistes du DOP sur les symptômes du SII et la signalisation cérébrale. Des mesures de la motilité gastro-intestinale, de la vitesse de transit des selles et des concentrations de neurotransmetteurs par microdialyse cérébrale ont notamment été réalisées.

Les résultats sont probants : l’administration d’agonistes du DOP a permis de réduire les douleurs abdominales et de réguler le transit intestinal chez les souris cVSDS. Étonnamment, l’application directe de ces agonistes à une zone cérébrale spécifique, le cortex insulaire, a produit des effets comparables à ceux d’un traitement systémique. « Nos résultats ont démontré que les agonistes du DOP agissaient directement sur le système nerveux central pour améliorer les symptômes du SII à prédominance diarrhéique chez la souris, et suggèrent que le mécanisme d’action implique la régulation de la neurotransmission du glutamate dans le cortex insulaire », précise le professeur Saitoh.

Ces recherches ouvrent des perspectives considérables pour le développement de traitements novateurs. « Les agonistes du DOP pourraient représenter un nouveau traitement révolutionnaire contre le SII qui non seulement améliore les symptômes de type SCI, mais fournit également des effets anti-stress et de régulation émotionnelle. À l’avenir, nous aimerions mener des développements cliniques dans le but d’élargir l’indication des agonistes du DOP pour le SCI, en plus de la dépression », ajoute le chercheur.

Contrairement aux traitements conventionnels comme les laxatifs, les antidiarrhéiques ou les antispasmodiques, l’approche basée sur les agonistes du DOP s’attaque à la cause sous-jacente du stress, offrant une solution potentiellement plus complète avec moins d’effets secondaires. Des recherches futures viseront à confirmer ces découvertes chez l’humain, apportant un espoir tangible aux millions de personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable.

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