Publié le 22 février 2026 à 09h28. Les autorités sanitaires norvégiennes tirent la sonnette d’alarme sur la vérification des qualifications des médecins étrangers, révélant des failles dans le système de notification international et soulignant la nécessité de contrôles plus rigoureux par les employeurs.
- Une autorisation norvégienne ne garantit pas l’aptitude d’un médecin étranger à exercer, selon l’Autorité norvégienne de la santé.
- Le système international IMI, censé signaler les suspensions et révocations de licences, présente des lacunes et des divergences de pratiques entre les pays de l’UE/EEE.
- La Direction norvégienne de la santé étudie la mise en place d’une obligation de fournir un casier judiciaire pour les demandes d’autorisation.
Des cas récents, comme celui d’un chirurgien allemand ayant commis des erreurs médicales graves, ont mis en lumière les limites du système actuel. L’Autorité norvégienne de la santé insiste sur le rôle crucial des employeurs dans la vérification des antécédents professionnels.
Sjur Lehmann, directeur de l’Autorité norvégienne de la santé, a déclaré :
« Une autorisation norvégienne ne garantit pas que la personne en question est apte à occuper le poste. Les communes et les organismes de santé doivent donc procéder à une vérification approfondie des références et ne pas se fier uniquement à l’autorisation. »
Récemment, NRK a rapporté le cas de Thomas Gölkel, un médecin allemand ayant mal opéré un patient en Allemagne. Ce même médecin avait déjà perdu son autorisation d’exercer en Norvège en 2020 suite à une série d’erreurs professionnelles graves dans le sud du pays. Bien que les autorités norvégiennes aient signalé ce cas au système IMI, il a pu continuer à exercer en Allemagne, les autorités allemandes arguant qu’il n’avait pas été condamné par un tribunal norvégien.
Des procédures variables
La Direction de la Santé est responsable de la délivrance des autorisations aux médecins étrangers formés hors de l’Union européenne/Espace économique européen (UE/EEE). Pour les médecins diplômés dans les pays de l’UE/EEE, la Norvège est tenue de reconnaître leurs qualifications à condition qu’ils répondent à certaines exigences.
La Direction peut demander des informations sur les antécédents professionnels en cas de faute professionnelle grave ou d’autres motifs sérieux, tels que des suspensions ou des restrictions d’exercice. Elle utilise également le système IMI (système d’information du marché intérieur), un outil international permettant aux pays de l’UE/EEE de s’informer mutuellement des suspensions ou révocations de licences médicales.
Sissel Husøy, directrice de division à la Direction de la Santé, explique :
« Les lignes directrices sur ce qui est notifié et le moment où cela est notifié diffèrent d’un pays à l’autre. »
Par conséquent, la Direction de la Santé envisage de créer une base juridique pour exiger la présentation d’un casier judiciaire dans le cadre des demandes d’autorisation.
Nina Føreland, directrice de l’organisation de l’hôpital Sørlandet, assure que son établissement a déjà mis en place des procédures de vérification rigoureuses :
« Nous vérifions que les médecins étrangers ont reçu l’autorisation norvégienne et qu’ils ont la spécialité que nous recherchons. Nous effectuons également des entretiens, en personne ou en ligne, et vérifions minutieusement leurs références à l’étranger, ainsi qu’en Norvège s’ils y ont déjà travaillé. »
Suite aux récentes révélations et aux recommandations de l’Autorité norvégienne de la santé, l’hôpital Sørlandet prévoit de renforcer ses contrôles.
Sjur Lehmann souligne que le système IMI n’est pas infaillible et que les employeurs doivent rester vigilants :
« Tous les pays ne signalent pas non plus les manquements professionnels graves. Rien que l’année dernière, nous avons révoqué l’autorisation de 71 professionnels de santé étrangers. Cela montre à quel point il est important de suivre ce dossier de près. »
Les candidats ayant fait leurs études en dehors de l’UE/EEE ne sont pas concernés par le système IMI et font l’objet d’une évaluation individuelle plus approfondie, incluant la reconnaissance de leur formation et des compétences linguistiques en norvégien.
Publié
22 février 2026, à 09h28


