La perspective d’une baisse des taux d’intérêt aux États-Unis s’éloigne, ce qui a entraîné une chute du Bitcoin en dessous de 67 000 $ et reflète une sensibilité accrue de la cryptomonnaie aux conditions de liquidité mondiales. Les tensions géopolitiques croissantes exercent également une pression sur les marchés, favorisant un report vers des actifs plus sûrs.
Les procès-verbaux de la réunion de janvier du Comité fédéral de la politique monétaire (FOMC) ont révélé une prudence accrue au sein de la Réserve fédérale américaine (Fed) concernant une baisse rapide des taux. Plusieurs responsables craignent un retour de l’inflation et n’excluent pas un nouveau resserrement monétaire si les pressions sur les prix s’intensifient. Le débat ne porte plus tant sur le moment de baisser les taux que sur la justification même d’un assouplissement supplémentaire.
Ce changement de ton renforce une politique de taux d’intérêt élevés prolongée, ce qui resserre les conditions financières et réduit la liquidité disponible – un facteur défavorable pour les actifs sensibles à la durée, comme le Bitcoin. Par ailleurs, la nomination imminente de Kevin Warsh à la présidence de la Fed en juin pourrait compliquer les choses, ce dernier étant susceptible de se heurter à une résistance s’il tente de favoriser une baisse précoce des taux.
Suite à la publication des procès-verbaux, les rendements des bons du Trésor américain et le dollar se sont renforcés, tandis que le Bitcoin a chuté jusqu’à 66 000 $. Contrairement à ce qui s’est passé par le passé, les marchés boursiers américains ont affiché une certaine résilience, clôturant en hausse. Cela souligne la sensibilité croissante du Bitcoin à la liquidité plutôt qu’à l’appétit général pour le risque.
L’incertitude macroéconomique s’accentue également en raison des tensions géopolitiques. L’escalade des conflits entre les États-Unis et l’Iran a fait grimper les prix du pétrole à leur plus haut niveau depuis trois semaines, introduisant une prime de risque inflationniste sur les marchés. Cette hausse des prix du pétrole renforce la prudence de la Fed et soutient le dollar, ce qui pèse sur le Bitcoin.
Dans ce contexte, l’or a surpassé le Bitcoin pour le septième mois consécutif, la plus longue période de sous-performance de la cryptomonnaie par rapport à ce métal précieux. Cette divergence témoigne d’une rotation vers des actifs refuges face à l’incertitude économique.
Les analystes techniques notent que, après un repli à 60 000 $ début février (environ 65 700 $), le Bitcoin s’est redressé avant de se stabiliser en dessous de 70 000 $. Le prix évolue actuellement dans la partie inférieure d’un canal de consolidation. Les vendeurs, soutenus par un indice de force relative (RSI) inférieur à 50, pourraient chercher à franchir le seuil de 66 000 $ pour prolonger une tendance baissière vers 60 000 $. Pour inverser la tendance, les acheteurs devront dépasser 71 000 $ afin de viser 75 000 $.
À ce stade, l’attention se porte sur le quatrième trimestre pour obtenir une vision plus claire de l’évolution de l’inflation et de la résilience de la croissance économique. Une inflation plus élevée que prévu pourrait retarder davantage les attentes de baisse des taux, exerçant une pression supplémentaire sur les cryptomonnaies.