Le Bitcoin traverse une période de turbulences, ayant perdu près de la moitié de sa valeur depuis son apogée de fin 2025. Cette chute, qui s’est accentuée en février 2026, est le résultat d’une conjonction de facteurs macroéconomiques et d’un changement de perception du rôle de la cryptomonnaie.
La remontée des taux d’intérêt aux États-Unis, les sorties d’argent des fonds négociés en bourse (ETF) Bitcoin et une corrélation croissante avec le Nasdaq ont pesé sur l’attrait de Bitcoin pour les investisseurs en quête d’actifs à risque. La pression s’intensifie également du côté des mineurs, dont les ventes contribuent à l’offre sur le marché, et des problèmes techniques qui pourraient accentuer la volatilité.
Le revirement de la politique monétaire américaine joue un rôle central dans cette situation. La nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale par le président Donald Trump a modifié les attentes du marché. Les investisseurs ne misent plus sur une intervention rapide de la Fed pour soutenir les marchés en cas de forte baisse. Au lieu de cela, ils anticipent une période prolongée de taux d’intérêt réels plus élevés. Suite à cette nomination, le Bitcoin est passé d’environ 90 000 $ à 81 000 $, et la pression à la vente s’est accrue sur les actifs sensibles à la liquidité.
La Fed a maintenu ses taux directeurs inchangés, entre 3,50 et 3,75 %, lors de sa réunion de janvier, tandis que l’inflation restait élevée, à 3,4 % en décembre. JPMorgan estime désormais que la Fed pourrait maintenir ses taux à environ 4,4 % jusqu’en 2026, ce qui renforce l’idée d’une politique monétaire restrictive. Des rendements plus élevés sur les placements sans risque rendent les actifs cryptographiques moins attractifs.
Par ailleurs, le Bitcoin n’a pas joué le rôle d’« actif de refuge » attendu lors des récentes tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Iran. Au lieu de se valoriser, il a été vendu, les investisseurs cherchant à lever des liquidités pour faire face à des appels de marge. Cette réaction a démontré que le Bitcoin ne se comporte pas comme un havre de paix en période de crise.
Les ETF Bitcoin, qui avaient contribué à la hausse des prix en 2024 et 2025, sont désormais une source de pression à la vente. Les sorties d’argent de ces fonds obligent les gestionnaires à vendre des Bitcoins sur le marché, ce qui accentue la baisse des prix. Selon Galaxy Digital, les ventes stop-loss se sont multipliées lorsque le Bitcoin est tombé sous la barre des 84 000 $, le prix moyen auquel les ETF avaient initialement investi.
La situation est aggravée par le fait que les mineurs, confrontés à une baisse de leurs revenus, sont contraints de vendre leurs avoirs pour faire face à leurs coûts. L’indice de rentabilité des mineurs de CryptoQuant est tombé à 21, et le multiple de Puell à 0,67, indiquant un environnement défavorable pour l’exploitation minière.
Techniquement, le Bitcoin a franchi plusieurs niveaux de retracement de Fibonacci à la baisse. Un rebond à court terme est possible, mais pour qu’il se confirme, le prix doit repasser au-dessus de 70 000 $. Au-delà, une clôture hebdomadaire au-dessus de 84 000 $ serait un signal positif, car ce niveau correspond à la base de coûts institutionnels. À court terme, le Bitcoin tente de maintenir la zone médiane de la fourchette de Fibonacci, avec un premier support majeur à 62 800 $.