Une erreur administrative du Centre hospitalier universitaire (AUSL) a provoqué une vive inquiétude chez le médecin traitant et le fils d’une patiente âgée de près de 101 ans. Une lettre recommandée, reçue il y a quelques jours, suggérait que l’oxygénothérapie administrée à la centenaire pourrait être inadaptée, déclenchant une mise en demeure pour une visite pneumologique spécialisée.
La situation de cette patiente, qui a traversé trois inondations à Farneto et plusieurs épisodes d’insuffisance cardiaque et de bronchite chronique, est jugée particulièrement sensible. Sa dépendance à l’oxygène est totale, comme le souligne son médecin traitant, Michele Cicognani. « Ma patiente vit entre le lit et le fauteuil roulant. Il lui est évidemment impossible de se rendre à un rendez-vous en clinique », explique-t-il, ajoutant qu’il aurait pu être contacté en amont pour éclaircir la situation. « J’aurais expliqué le contexte. Elle n’est plus hospitalisée depuis qu’elle a reçu de l’oxygène, prescrit par les pneumologues lors de sa dernière admission. »
Le Docteur Cicognani dénonce une bureaucratie « froide » qui pourrait être évitée en impliquant davantage les médecins généralistes. « Envoyer ce type de courrier à une patiente centenaire souffrant de pathologies graves est absurde et inutile. Envoyer quelqu’un chez elle serait également superflu, car il est évident qu’elle ne peut plus vivre sans oxygène », insiste-t-il, évoquant une perte de temps et de ressources.
La lettre de l’AUSL, datée du jour de la publication, stipulait : « D’après les contrôles effectués par cette Autorité Sanitaire Locale, il semble que vous receviez une oxygénothérapie. Nous avons relevé l’une des situations suivantes : la rédaction de votre plan de traitement semble dépassée ; les besoins identifiés présentent des incohérences avec ce qui est prescrit ». La missive concluait par la nécessité d’une « plus grande pertinence » et d’un « approvisionnement adéquat », proposant une visite pneumologique spécialisée dans l’un des centres de l’AUSL, et indiquait le numéro de téléphone à contacter pour organiser ce rendez-vous.
Face à cette situation, le fils de la patiente s’est rendu hier à l’hôpital de Bellaria. « On m’a d’abord indiqué que je devais prendre rendez-vous pour l’y amener, mais lorsqu’ils ont vu la demande du médecin, ils ont finalement programmé une visite à domicile », a-t-il confié. Bien qu’il considère qu’il s’agisse d’un problème bureaucratique, il exprime l’espoir que « personne ne pensera à lui retirer son oxygène ».
L’AUSL a réagi dans l’après-midi, présentant ses excuses pour le « malentendu ». L’institution assure que la demande de réévaluation spécialisée visait exclusivement « l’intérêt de la santé de la patiente ». « L’interruption de l’oxygénothérapie n’a jamais été envisagée ni hypothétique », précise l’AUSL, rappelant que le courrier visait à organiser une visite domiciliaire et à prévenir d’éventuelles tentatives de fraude en indiquant le numéro d’appel. La société sanitaire regrette que la possibilité d’une visite à domicile n’ait pas été « suffisamment mise en valeur », et réitère ses excuses auprès de la patiente et de ses proches.