Publié le 2025-10-06 14:35:00. Pour pouvoir frapper le pont de Crimée, l’armée ukrainienne doit d’abord neutraliser les systèmes de défense russes, notamment les radars et les moyens de lutte anti-drones. C’est ce qu’a expliqué Roman Parkhanov, commandant adjoint du 14e régiment séparé de complexes d’aviation sans pilote.
L’objectif de détruire le pont de Crimée, qui relie la péninsule occupée à la Russie, est une priorité pour les forces ukrainiennes depuis le début de l’invasion à grande échelle. Selon Roman Parkhanov, cette attaque est inévitable et pourrait survenir « n’importe quand : cette année, l’année prochaine – cela arrivera certainement ».
Cependant, pour mener à bien cette opération, l’armée doit disposer des moyens adéquats. Il ne s’agit pas seulement de drones ukrainiens à longue portée, tels que les drones kamikazes « Lyuty », mais également de neutraliser les dispositifs russes. Parkhanov a souligné la nécessité primordiale de détruire les stations radar ennemies et les systèmes de défense qui ciblent les drones ukrainiens.
« Nous y travaillons. Tôt ou tard, des frappes auront lieu, tant sur le pont de Crimée que sur d’autres installations en Crimée. Ils ont véritablement transformé la Crimée en un ‘porte-avions imprenable’. La Crimée est la zone la plus fortifiée et la plus militarisée », a déclaré Parkhanov.
Plusieurs experts ont récemment abordé la question d’une potentielle attaque ukrainienne sur le pont de Crimée. Michael Clarke, analyste en sécurité et défense occidental, a suggéré que l’Ukraine pourrait préparer une nouvelle frappe, rappelant que les forces ukrainiennes ont déjà ciblé plusieurs stations radar et installations de défense aérienne en Crimée. Il a ajouté qu’avec les capacités actuelles de l’Ukraine pour mener des frappes profondes, une attaque sur le pont de Kertch est « très probable ».
De son côté, le capitaine de 1er rang réserviste et ancien chef d’état-major adjoint de la Marine des forces armées, Andriy Ryzhenko, avait précédemment expliqué les conditions dans lesquelles les forces armées ukrainiennes pourraient parvenir à détruire le pont. Selon lui, le principal obstacle reste le système de défense aérienne russe déployé sur la péninsule. La destruction des stations radar ennemies et la neutralisation des installations seraient donc des prérequis indispensables.
L’expert militaire Mikhail Zhirokhov partage également la conviction que l’Ukraine ne renoncera pas à l’idée de détruire le pont de Crimée. Il estime qu’une telle destruction constituerait un signal fort : « la première cloche sonnant que le pouvoir de Poutine n’est pas éternel et qu’il peut être fragile ».