Home Santé Buvez-vous et utilisez-vous des stylos amaigrissants ? Les médecins alertent sur les risques de cette combinaison explosive

Buvez-vous et utilisez-vous des stylos amaigrissants ? Les médecins alertent sur les risques de cette combinaison explosive

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Publié le 13 février 2024 08h18. Alors que le Carnaval bat son plein, une question de santé publique se pose : quels sont les risques de combiner la fête et la consommation d’alcool pour les personnes suivant un traitement médicamenteux pour l’obésité, notamment à base d’analogues du GLP-1 ?

  • La consommation d’alcool, quelle qu’en soit la quantité, est toujours nocive pour la santé.
  • L’association alcool et médicaments comme le Mounjaro, l’Ozempic, le Wegovy ou le Saxenda peut intensifier les risques, notamment pour les personnes diabétiques ou en perte de poids.
  • Il n’existe pas de dose d’alcool considérée comme sûre pour les patients sous traitement avec ces médicaments.

Le Carnaval est synonyme de festivités, de déguisements et, pour beaucoup, de consommation d’alcool. Mais pour les millions de personnes qui utilisent des médicaments pour maigrir, des analogues du GLP-1 (glucagon-like peptide-1) tels que Mounjaro, Ozempic, Wegovy et Saxenda, la situation est plus délicate. Les experts mettent en garde contre les dangers potentiels de cette combinaison.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les spécialistes interrogés, il n’existe pas de consommation d’alcool sans risque pour la santé. L’excès est particulièrement dangereux. Mais lorsque l’on ajoute à cela la prise de médicaments destinés à la perte de poids, les risques sont amplifiés.

« Quiconque utilise ces médicaments ne doit pas consommer d’alcool, et ce pour plusieurs raisons. Les utilisateurs qui utilisent ces médicaments parce qu’ils souffrent de diabète, par exemple, peuvent ressentir un manque de contrôle sur la maladie. »

Alexandre Hohl, endocrinologue, directeur de l’Abeso – Association brésilienne pour l’étude de l’obésité et du syndrome métabolique

Pour ceux qui cherchent à perdre du poids, l’alcool représente un obstacle supplémentaire. Un gramme d’alcool fournit 7 kilocalories, ce qui contredit les objectifs d’un régime amaigrissant.

Les médicaments à base d’analogues du GLP-1 ralentissent la vidange gastrique, procurant une sensation de satiété prolongée. Cependant, ce même mécanisme peut retarder l’absorption de l’alcool, entraînant une ivresse tardive et augmentant le risque de gastrite et d’effets secondaires.

« Il n’existe pas de dose d’alcool sûre pour ceux qui utilisent ce type de médicaments. Pour celui qui boit occasionnellement avec modération, le plus grand risque est un inconfort gastro-intestinal aigu et une modification de la perception de l’ivresse, voire du plaisir de boire. Une consommation excessive implique un risque de toxicité hépatique et pancréatique. »

Bruno Geloneze, endocrinologue, professeur et chercheur principal au Centre de recherche sur l’obésité et les comorbidités de l’UNICAMP

L’alcool peut également exacerber les effets secondaires des médicaments, tels que les nausées et les vomissements, et favoriser la déshydratation. Un risque plus grave est celui de la pancréatite aiguë, une inflammation du pancréas, dont la probabilité, bien que faible, augmente avec la consommation d’alcool.

Les personnes consommant de grandes quantités d’alcool courent également un risque d’hypoglycémie, une baisse dangereuse du taux de sucre dans le sang, pouvant entraîner des étourdissements, une faiblesse, des tremblements, une confusion, voire une perte de conscience. Le foie, occupé à métaboliser l’alcool, bloque la libération de glucose dans le sang, ce qui peut être particulièrement problématique pour les personnes sous traitement.

Il est donc crucial de ne pas boire à jeun. De plus, le Carnaval, avec son exposition au soleil et son manque d’hydratation, peut aggraver la déshydratation induite par l’alcool. Les médicaments peuvent également réduire la sensation de soif, rendant une hydratation adéquate encore plus importante.

Cependant, certains utilisateurs de ces médicaments signalent une diminution de leur envie de consommer de l’alcool, ce qui pourrait limiter les abus. Des études sont en cours pour évaluer le potentiel de ces médicaments dans le traitement des troubles liés à la consommation d’alcool.

« Ces médicaments agissent également sur une région cérébrale de récompense, liée à la dépendance à l’alcool. Des preuves chez l’animal et des essais cliniques préliminaires sur l’homme montrent que ces médicaments peuvent réduire la consommation compulsive d’alcool en diminuant la libération de dopamine associée à la consommation d’alcool. En d’autres termes, la récompense de boire et de ressentir un certain plaisir cérébral est réduite. »

Bruno Geloneze, endocrinologue, professeur et chercheur principal au Centre de recherche sur l’obésité et les comorbidités de l’UNICAMP

Il est toutefois possible que certains individus tentent de compenser cette perte de plaisir en augmentant leur consommation, ce qui pourrait entraîner d’autres problèmes.

« En général, toute personne qui prend ces médicaments doit s’hydrater, manger et essayer de rester en aussi bonne santé que possible. Et s’il existe un signe avant-coureur, tel qu’une douleur abdominale, des vomissements persistants ou des étourdissements importants qui pourraient suggérer un diabète incontrôlé ou quelque chose qui fait référence à une pancréatite, la personne doit consulter un médecin. »

Alexandre Hohl, endocrinologue, directeur de l’Abeso – Association brésilienne pour l’étude de l’obésité et du syndrome métabolique

Pour rappel, une consommation modérée d’alcool est définie comme étant de deux verres par jour pour les hommes et un verre pour les femmes. Un verre équivaut à 14 grammes d’alcool pur, soit environ une canette de bière de 350 ml, un verre de vin de 150 ml ou une dose de 45 ml d’une boisson distillée. Dépasser ces quantités augmente considérablement les risques pour la santé, en particulier en cas de consommation excessive (cinq doses pour les hommes et quatre pour les femmes en l’espace de deux heures).

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