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Cancer du côlon : ils découvrent un virus qui augmente le risque de développer la maladie

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Publié le 23 février 2026. Une étude internationale révèle un lien entre un virus spécifique présent dans la bactérie Bacteroides fragilis et un risque accru de cancer colorectal, ouvrant de nouvelles pistes pour le dépistage et la prévention de cette maladie.

Des chercheurs de l’Université du Danemark du Sud et de l’Hôpital universitaire d’Odense ont identifié un bactériophage – un virus infectant les bactéries – qui apparaît deux fois plus fréquemment chez les patients atteints de cancer colorectal que chez les personnes en bonne santé. Cette découverte, publiée dans la revue Médecine de la communication du groupe Nature, pourrait permettre d’améliorer la compréhension des mécanismes complexes impliqués dans le développement de ce cancer.

Le cancer colorectal est l’une des principales causes de mortalité par cancer dans le monde. Bien que des facteurs tels que l’âge, l’alimentation et le mode de vie soient connus pour influencer le risque, de nombreux mécanismes sous-jacents restent mal compris. L’étude met en lumière un paradoxe : la bactérie Bacteroides fragilis est souvent associée au cancer colorectal, mais elle est également présente dans le microbiote intestinal de personnes en bonne santé.

« Nous avons découvert un nouveau virus, non décrit auparavant, qui infecte les bactéries intestinales chez les patients atteints d’un cancer colorectal », a déclaré le docteur Flemming Damgaard, médecin et chercheur au département de microbiologie clinique de l’Hôpital universitaire d’Odense et de l’Université du Danemark du Sud. « À long terme, il pourrait être possible de détecter ces virus dans des échantillons de selles pour évaluer le risque de cancer colorectal et, potentiellement, améliorer la prévention et le traitement. »

L’équipe de recherche a analysé le microbiome intestinal d’une vaste population d’environ deux millions de personnes au Danemark, constatant que les patients infectés par Bacteroides fragilis présentant ce virus spécifique avaient une incidence significativement plus élevée de cancer colorectal. Cette observation a été confirmée dans une analyse internationale portant sur des échantillons de selles provenant de 877 individus en Europe, aux États-Unis et en Asie. Les résultats ont montré que les patients atteints de cancer colorectal étaient deux fois plus susceptibles de porter ce virus dans leur microbiote intestinal.

Les chercheurs soulignent qu’il n’est pas encore prouvé que le virus soit directement responsable du développement du cancer. Il est possible qu’il modifie les propriétés de la bactérie, influençant ainsi l’environnement intestinal, ou qu’il ne soit qu’un indicateur de processus biologiques plus complexes. Des études supplémentaires sont en cours pour déterminer si le virus accélère le développement de la tumeur dans des modèles expérimentaux et chez des souris génétiquement prédisposées au cancer.

Les spécialistes rappellent que la prévention et le diagnostic précoce restent essentiels pour améliorer la survie. Des outils tels que la coloscopie et le test de sang occulte dans les selles (recommandations de la Haute Autorité de Santé) permettent de détecter les polypes ou les lésions avant qu’elles ne se transforment en tumeurs et ont démontré leur efficacité pour réduire la mortalité. Les principaux symptômes à surveiller incluent des changements persistants dans les habitudes intestinales, des douleurs abdominales, la présence de sang dans les selles, une fatigue inexpliquée et une perte de poids.

Dessiner une carte
Cartographier les virus dans le microbiote pourrait permettre d’anticiper les risques et de promouvoir des stratégies personnalisées pour la santé intestinale.

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