Home Santé Cancer du foie, voici le bon régime qui permet de réduire le risque et de ralentir sa progression

Cancer du foie, voici le bon régime qui permet de réduire le risque et de ralentir sa progression

0 comments 40 views

Publié le 7 février 2024 16h00. Une nouvelle étude révèle qu’un régime pauvre en protéines pourrait freiner la progression du cancer du foie, en particulier chez les patients souffrant d’une fonction hépatique compromise. La recherche met en lumière un lien inattendu entre la dégradation des protéines, l’accumulation d’ammoniac et la croissance des cellules tumorales.

  • Un excès de protéines pourrait alimenter la croissance des cellules cancéreuses du foie chez les personnes atteintes de pathologies hépatiques.
  • L’accumulation d’ammoniac, un composé toxique issu de la dégradation des protéines, semble jouer un rôle clé dans ce processus.
  • Un régime alimentaire réduit en protéines a démontré une capacité à ralentir la croissance tumorale et à prolonger la durée de vie chez des animaux de laboratoire.

Des chercheurs de l’Université Rutgers, coordonnés par Wei-Xing Zong, ont mis en évidence un mécanisme potentiellement crucial dans le développement du cancer du foie. Leur étude, publiée dans la revue Science Advances, suggère que la dégradation des protéines alimentaires peut générer de l’ammoniac, une substance toxique. Dans un foie sain, cet ammoniac est transformé en urée et éliminé. Cependant, en cas de dysfonctionnement hépatique, notamment en présence d’une tumeur, ce processus est perturbé, entraînant une accumulation d’ammoniac.

L’étude a cherché à déterminer si cette accumulation d’ammoniac était simplement une conséquence de la tumeur ou si elle pouvait activement favoriser sa croissance. Les chercheurs ont induit des tumeurs chez des animaux, puis ont manipulé génétiquement les enzymes responsables du traitement de l’ammoniac. Les résultats ont été frappants : les souris dont les enzymes étaient désactivées, et donc présentant des niveaux d’ammoniac plus élevés, ont développé des tumeurs plus importantes et sont décédées plus rapidement que les autres.

En analysant le devenir de l’excès d’ammoniac, les chercheurs ont découvert qu’il migrait vers les cellules cancéreuses, se transformant en acides aminés et en nucléotides – des éléments essentiels à leur croissance. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques basées sur la modulation de l’apport en protéines.

Ensuite, les chercheurs ont testé l’impact d’un régime pauvre en protéines sur des animaux porteurs de tumeurs. Ils ont observé une croissance tumorale significativement plus lente et une prolongation de la durée de vie par rapport aux animaux nourris avec un régime standard. Ces résultats suggèrent qu’une réduction de l’apport en protéines pourrait constituer une approche complémentaire prometteuse dans la lutte contre le cancer du foie.

Il est important de souligner que ces conclusions ne signifient pas que les personnes ayant un foie sain doivent limiter leur consommation de protéines. Leur métabolisme est généralement capable de gérer un apport protéique normal. Cependant, en cas de cancer du foie, de stéatose hépatique (accumulation de graisse dans le foie), d’hépatite virale ou d’autres pathologies hépatiques, il est crucial de consulter un médecin pour discuter d’un régime alimentaire adapté.

« Si vous souffrez d’une maladie du foie ou de lésions qui l’empêchent de fonctionner correctement, vous devriez sérieusement envisager de réduire votre apport en protéines pour réduire le risque de développer un cancer du foie. »

Wei-Xing Zong, Université Rutgers

Le Dr Giammarco Mocci, directeur médical du service de gastroentérologie de l’ARNAS G. Brotzu à Cagliari, souligne l’importance de ces observations, même si elles restent expérimentales. Il met en garde contre un excès de protéines dans l’alimentation, en particulier en cas de dysfonctionnement hépatique. Un apport excessif en protéines peut favoriser le dépôt de triglycérides dans les cellules hépatiques et augmenter les niveaux d’une protéine marqueur de lésions hépatiques.

En présence d’une stéatose hépatique, il est donc recommandé de privilégier les aliments riches en fibres (légumineuses, légumes) et les sources de protéines maigres (poisson), tout en limitant les sucres simples et les graisses saturées. Le Dr Mocci insiste sur l’importance de ne pas improviser et de se fier aux conseils des médecins et des spécialistes de la nutrition.

La stéatose hépatique, ou MASLD (maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique), se caractérise par une accumulation de graisse dans le foie. Elle peut évoluer vers une MASH (stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique), qui se traduit par une inflammation et des lésions progressives des cellules hépatiques, pouvant conduire à une fibrose, une cirrhose et, à terme, à un cancer du foie. La consommation excessive d’alcool et une alimentation riche en lipides, en particulier d’origine animale, peuvent aggraver ces processus.

Les enzymes transaminases (GOT et GPT), détectables lors d’une prise de sang, sont des indicateurs de lésions hépatiques.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.